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investir au Bugarach

Le pech de Bugarach. On remarquera, en sustentation (du diable) au-dessus du gros caillou, un des modules de sauvetage qui vous permettra de faire la nique à la fin du monde et de gagner Orion.

Ah les cons ! Je me suis décarcassé pour louer un estancot au sommet du Bugarach, j’ai versé des arrhes plus un acompte pour me garantir qu’on me réservait mes 20 mètres carrés de cabane bien ancrée sur le tas de cailloux, j’ai fait mon changement d’adresse aux Pététés, résilié le gaz à l’Eudéeffe et fait couper le courant à Gédéeffe, j’en passe, tout ça pour m’entendre annoncer que les autorités avaient gelé toute installation d’entreprise en cours, j’t’en foutrais. Pas d’anarchie ni de mercantilisme par chez nous, qu’elles ont dit, les autorités. Déjà que c’est le foutoir à Rennes-le-Château avec Saunière et sa bonniche, on va pas remettre ça au Bugarach, ça va bien, marre et basta.
Et je fais quoi, maintenant, à pas deux semaines de l’Évènement ? Mon investissement, qui c’est qui va me le rembourser ? Et mon stock de navettes de sauvetage, je m’assieds dessus ? Vous vous êtes déjà posé le cul sur des machins en forme de pyramide ? Mes 250 mètres de merguez, mes 25 mètres de boudin, le fromage de tête, celui de brebis, les barriques de Picpoul, tonneaux de Fitou, cubitainers de Maury, Cartagène et Limoux, comment je vais me les amortir si je ne veux pas nécroser mes hépatocytes en me collant une cirrhose ?Ah les cons !
Je sais, pour les indigènes qui auraient pu s’engraisser sur le dos de touristes millénaristes et de journaleux en mal d’ovnis et autres manifestations d’extraterrestres envoyés par Dieu… voir se pointer des charlatans prêts à toutes les arnaques pour récolter la divine oseille de gogos qui espèrent échapper à la fin du monde… c’est difficilement acceptable. Et je comprends que les locaux tirent la gueule et se protègent de ces nuées de blattes qui ne manqueront pas de semer la zizanie, leurs papiers gras et ces autres plus ou moins hygiéniques maculés sans aucun souci esthétique. Moi, je serais l’autorité, je te déroulerais des kilomètres de barbelés, je te poserais des montagnes de herses et je te dresserais une forêt de miradors pour que ces minables aillent se faire pendre ailleurs. Ou mieux, je te les laisserais grimper sur le caillou, et une fois fermées les herses, je te leur lâcherais les clébards au cul, ben tiens !
Non mais, sérieusement, on va où ? Et je fais quoi, moi, du papier que les édiles locales m’avaient signé sans rechigner. Sans rechigner quand je leur avais dit fifty-fifty. Et avec grâce lorsque, leur serrant la main pour les saluer, j’en avais profité pour glisser discrétement à chacun une jolie liasse de bons gros billets de banque. Les attaquer en justice auprès de la Cour européenne ? Les traîner devant le Tribunal international ? M’est avis, un combat perdu d’avance, plus quelques emmerdes jusqu’au 21.Le 21 où je ne suis pas sûr d’avoir assez de carburant pour m’envoler vers Orion où, selon un grimoire daté de 2222 –chacun comprendra la valeur symbolique de cette date– que j’ai trouvé dans un ovi –un objet volant identifié, par moi-même– une fin du monde locale est annoncée pour 2015. Si j’ai décrypté correctement le texte, un langage chiffré, venu d’ailleurs, vous l’aurez compris.
Au cas où la survie et l’aventure vous intéressent, n’attendez pas pour profiter de ma promotion sur les modules de sauvetage qui vous sont réservés. Un module acheté = 10 mètres de merguez offerts.

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