Articles Tagués ‘citoyen’

Je crois en Dieu, je crois au Père Noël, je suis un bon chrétien et un bon citoyen.
Moi, et c’est au cas où ma fille me ramènerait un bâtard à la maison, je suis pour l’avortement.
Moi, et c’est au cas où ce bâtard devait survivre à cause de ceux qui sont contre l’avortement, je suis pour la peine de mort.

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A force d’entendre FAITES DES MERES à tous bout de chant à la radio, on est bon citoyen ou pas, avec des potes on s’est dit, hé les gars, on y fais ? Vouais, on a tous dis, on y fais pace que faut bien y faire, pisque ils y disent.
Bon, l’a fallu trouver des gonzèces qui soyent aussi des bonnes citoyènes. Les premières qu’on leur y a demandé, pas chaudes qu’elles était, sauf quèques unes, des vielles, dans les 25 ans, par la. Des chiars, on sais pas si elles en feront, mais nous, on a fais notre boulo. Cé pas pour sa que dans le poste ils on arété, que c’été comme si on avais rien fait, quoi. Alors on sait remi au boulo. Direxion la zupe, on sait dit, paraitré que c’est bourré de gonzèce.
Et fectivement, ça en été bourré, sauf que, question sence civique, on peu pas dire que c’été sa. On leur aurais pas forcé la main, je veus pas dire, ces pas demain la vèye que sa aurai fais des mères.
Après, la radio, c’été encor le mème truc, avec en plus, mais sait peutètre qu’on y avais pas entendu avant, ils disais qui falé faire des cados, que sait normal, qu’elle le mérites et tout, rien que des coneries, daprés moi. Merde, on sait dit, si en plus faut faire des cados, alors qu’on y a déja fais, vous croyais pas les mecs, qu’on se fou de notre gueule.
Bon, on est pas des chiens, alor on sait dit qu’on alais en faire, des cados.
On s’y ai tous mit, surtout moi qu’a écris la lètre, a cause que les autre, je veus pas dire, mais sait pas l’aflabétisacion qui les fais boité ni non plus quelle les étoufe.
On a demandé au père noèl, au bon dieu, au sein patron des mères en question, on en a profité pour demandé pour les notres, de mère. Demande aussi a jésu a sugéré un des gars, on sait jamais. Allah aussi, a dis un notre. Du Momo tout craché, je croix.
Le père noèl, j’y croix pas plus que sa, mais aprés tout, on sait jamais, va savoir que sa serait pas un bon citoyen par hazar si sa se trouve, que les gamines, hein… mais sa sait pas nos afaires.

Moi, a cause que le père il dit toujour a la mère quelle peut toujour repassé, j’ai comandé une planche a repassé avec le fer qui va avec, un fer a repassé. Aussi une friteuze, qu’on se frite toujour a la maison, que sa y fera pour nous. Pour une des que j’ai engrocé, je vois pas pourquoi pas, j’ai demandé de la crème à épilé, que pour un peu, je serez encore en train de cherché par ou sait con passe. Pour une autre, une petite culote, a cause quel en avais pas, sait un cou a prendre froid surtout si ils y livres a noèl. Pour ma mère, je sait pas si sa fera, j’ai aussi demandé qu’ils envois un notre bonhome que mon père, que dapré elle il es toujour a courir dehor et qu’a force, sait sur qu’il dois ètre sur les rotules, et que s’il est pas a courir, sait sur elle qu’il est, comme si on été déja pas assez nombreus a la maison. J’aime autemps qu’il ai pas écouté la radio et leurs faites des mères.
Les autres gars, j’ai écri ce qu’ils voulais.
Après on sait dit que l’an prochain, sa serais pas plus bète qu’on irait tous en Scierie ou par labat, Liraque, que sait pas sa qui manque, les gonzèce, qu’il paraitré mème que sa se fais aussi, mais a leure façon, qu’en plus sait bouré de gonzèce, et que sait surment pas labat quelle risques de refusé comme y’en a qu’on refusé ici, a cause de chsai pas quoi, les cones.
Sa c’étais dimanche dernier, çuis d’aprés, le prochain, le dimanche daprés, quoi, c’est un autre machin avec encore les mères. Les municipales, ils ont dit a la radio.
Le mois de mai, sait bourré de fètes, comme la fète dieu, mais daprés moi sait pas un cado, et si vous voulais mon avis, sa vaux pas celle des mères.

Laissez-nous le temps de faire notre boulot, et tout ira bien. Des ritournelles comme celle-là, les élus, ils adorent. Ils adorent nous les chanter à tue-tête, oubliant que, pour se faire élire, ils n’hésitaient pas à promptement clamer haut et fort, qu’une fois au pouvoir, avec eux, ça ne traînerait pas. L’artisan du coin, quand il doit quelques fifrelins à l’administration, je l’imagine bien aller pousser le même genre de chansonnette. Laissez-moi encore 2 ou 3 ans, et sûr que je paierai mes dettes rubis sur l’ongle.

Moi, je serais agriculteur aujourd’hui, même si je sais très bien que la gestion, l’écologie et moi, ça fait deux –et pour cause, les voies sans issues sur lesquelles on nous a mis : modernisation, mécanisation, informatisation… avec les emprunts qui vont avec, sans parler des politiques européennes– je serais agriculteur, disais-je, pas sûr, mais pas sûr du tout que je voterais pour un de ces bonimenteurs du PS, comme je l’ai fait aux dernières élections. Et dire qu’avec Sarko et les autres rigolos, on croyait avoir touché le fond ! Mais pas de risque que je sois agriculteur, jouer le cul-terreux les pieds dans la gadoue, faut quand même pas exagérer.
Je serais éleveur, en Bretagne comme ailleurs où des experts nous ont serinés pendant des années pour produire toujours plus sans se préoccuper de la réalité des marchés, je leur refourguerais mon exploitation, les y enfermerais et leur dirais : « Maintenant, montrez-nous comment vous allez vous en sortir ». Éleveur, à trimballer le fumier, c’est pas mon truc, il y a des limites à tout, mais si vraiment la vie m’avait amené à le devenir, tout le monde ne naissant pas avec une cuiller en argent dans la bouche, pas sûr que je revoterais pour un de ces rigolos de l’UMP. Ils me l’auraient fait une fois, ils ne me la feraient pas une deuxième.
Je serais pêcheur, même si je sais que, question gestion, il y aurait à redire, cependant moins que sur la façon dont l’Europe traite les affaires de pêche avec ses décrets et réglementations brutales comme un coup de vent du noroît, garanti que je ne risquerais pas de donner ma voix à un de ces charlots de l’écologie. Pas que je sois contre l’écologie, on peut pas être contre, mais je vais devenir quoi, mes gosses ils vont devenir quoi, les potes pêcheurs ils vont devenir quoi ? Faire dans la plaisance ? comme l’a dit une andouille de Bruxelles pour qui « bateau » c’est Petit Bateau et Petit Bateau un slip, un qui n’a rien à voir avec le carénage.
Je serais infirmière, et je parle pas des Marie-Thérèse, que finalement elles ont peut-êtwe waison de ne pas se pwendre le chou, faudwait pas que des gugus de l’UDI comptent que je vote pour eux, ah non, faudwait pas.
Je serais enseignant, sûr qu’au PS, ils pourraient continuer à rêver que je vote pour eux.
Je serais pompier, ils iraient tous se faire voir.
Si que je serais un toubib ou un truc comme ça, comme avocat ou je sais pas, mais un truc du genre pareil, je te fous mon billet que ceusses du Front de gauche ils iraient se rhabiller, avec ceux du FN. Sauf que ça risquerait pas, à cause que mes vieux, c’est pas l’envie qui leur aurait manqué que je fasse des études, mais c’est le pognon, que l’ascenseur social il attend le dépanneur qui serait lui-même en panne, à c’q’ui paraît.

Je serais politicien, et en supposant que je sois honnête, ce qui serait surprenant si j’ai fait l’ENA ou Sciences Po, j’aurais tellement honte des discours de mes pairs et de mes propres incapacités que je me tirerais une balle dans la tête le genou un bras la couenne. Une balle à blanc, soyons raisonnable. Non : mieux que ça, je prendrais la parole pour dénoncer l’incompétence des… Mais serait-ce bien honnête et surtout bien malin de cracher dans la soupe qui me nourrit ? Tout bien réfléchi, je me la fermerais.

Je serais un citoyen responsable, c’est pour moi et pour mon propre intérêt que je voterais. Comme chacun. Hélas, Dieu m’a voulu irresponsable.