Articles Tagués ‘cadavres’

Je fauche les toisons
j’ébranche les torses
j’effeuille les mains
je pourfends les crânes
j’arrache les coeurs
je moissonne les vivants

Je m’abreuve aux fleuves vermeils

J’étanche ma soif de gloire
aux râles de ceux que je condamne
je me nourris de la souffrance
des suppliciés que j’achève
j’ensemence la haine
j’arrache la vie à la vie
je distille la mort

De cadavres me rassasie

D’Asma si belle je m’enivre
de Hafez, Zein et Karim je suis fier
de mon statut je tire profit
j’ai tout pouvoir sur mes sujets
à mes pieds tremble le peuple
la terreur est mon triomphe

De mensonges me repais

La grandeur est ma fortune
le courage est ma nature
la puissance ma raison d’être
Je suis brave et méritant
clairvoyant dans mes décisions
j’honore Hafez mon père
le dépasse pour m’en montrer digne
Je suis Bachar
le porteur de bonnes nouvelles

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Cadavres sur la plage, os blanchis, chairs meurtries, pourries, arrête !

Me suis rendu chez l’écailler, sur le port. Il fait aussi dans le poisson, pas très original.
J’ai acheté un maquereau pour ma gentille petite morue qui les adore. Un vrai, l’œil vif, bleu comme un ciel de tourmente, frais comme un gardon. Le maquereau vivant, c’est fou comme ça sent la vie, c’est fou aussi le prix qu’il faut mettre, sans doute à cause du prix de la vie.
Barcasse empruntée, ramé, ramé ou nagé, comme disent les marins. C’est qu’il faut souquer dur pour atteindre le presque grand large, devenu bien étroit. Aux petits soins, la bête a retrouvé la forme. Je l’ai glissée dans l’eau.

La pêche, depuis que ça pollue à force que ces putains de bateaux qui viennent de Chine, du Japon et de partout ailleurs pètent et défèquent dans l’onde bleue qu’on a salée avec du sel de Guérande, la pêche, je l’ai plus. Les poissons crèvent la bouche ouverte, les moules leurs lèvres descellées, les autres leurs neurones bétonnés et le reste plastifié.
Non seulement on n’a rien contre une jardinière de légumes, mais on s’est régalés, ma petite morue et moi.