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Autour du 20 décembre j’ai été pris d’un trouble étrange. Qui a grandi le 24 au soir au moment du réveillon et s’est amplifié quand on a servi le foie gras. Sans un viatique, quelques verres de Sauternes que je me suis obligé de boire non par goût, mais par nécessité,  nul doute que j’aurais perdu connaissance.
Pour éviter tout embouteillage à cause des huîtres, du saumon, des escargots, du chapon aux morilles et annexes, j’ai  procédé à l’ouverture des vannes, fait le plein des écluses et ouvert les portes à flot, seule bonne façon de rendre les voies digestives opérationnelles pour la navigation. Ô combien de pinard il m’a fallu ingurgiter pour que l’opération se passe sans anicroche !
En même temps qu’une joie ineffable me gagnait, je sentais dériver les frêles esquifs portés par des flots chamarrés, les imaginais gagner l’étroit estuaire avant de plonger dans l’abyssale fosse des vécés. Un délice, que dis-je : une révélation. Pas de doute, me suis-je dit, Dieu existe.

Le lendemain, apéritif et repas substantiel pris comme il se doit, et l’extase ne m’ayant pas quitté, c’est un rien aviné que je me suis rendu à l’église pour m’ouvrir au curé de cet état de grâce.
Ému jusqu’aux larmes je suis entré dans la sainte demeure. Le curé était dans la sacristie. Parfum d’encens et de pastis.

Le temps de remplir deux verres pendant que je lui expliquais ce qu’il m’arrivait il a pris la parole.
« Rien de plus normal, mon fils, avec l’état d’ivrognerie dans lequel tu t’es mis. Ne sais-tu pas que l’alcool obscurcit la raison ? Moi-même… »

 

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— Les pauvres, si ils sont pauvres, c’est qu’ils l’ont bien voulu.
— Je suis d’accord, c’est pareil pour les riches, si ils le sont, c’est qu’ils l’ont bien voulu. Et ceux qui sont ni riches ni pauvres ?
— C’est qu’ils savent pas ce qu’ils veulent. C’est comme pour la santé. ceux qui sont en bonne santé, c’est qu’ils le veulent bien. Et ceux qui y sont, à la Santé, c’est qu’ils l’ont bien voulu. Ou alors, ils l’ont bien cherché, c’est tout.
— Mais si je prends mon cas, par exemple, que je connais, depuis le temps. C’est pas que je veux pas être riche, au contraire, et encore moins que je veux être pauvre, mais j’ai beau eu faire, j’ai jamais réussi à rouler sur l’or. C’est pas que je me plains, mais ça me gênerait pas de rouler sur l’or, voilà tout.
— C’est que tu vis dans un quartier pourri, et c’est pas dans un quartier pourri que tu risques de rouler sur l’or. Pis d’abord, avec ta caisse pourrie, t’as aucune chance qu’on te laisse passer chez les rupins, là où c’est qu’on roule sur l’or. Pour te dire, chez les rupins, les pères Noël, tu leur tends la main et ils te refilent cent balles. Ici, tu leur tends la main… C’est idiot c’que je dis, y’a pas de rupins ici. Ici, le père Noël, tu lui as pas tendu la main qu’il t’a déjà chouravé ta breloque.
— Je m’en fous, j’ai pas de bagnole. Pas de montre non plus. Pis ce que tu dis, ça dépend des pères Noël.
— ?
— Y’en a des vachement sympas. L’autre jour, pour te dire, j’en croise un. Un vrai, je pense, à cause qu’il causait pas comme nous alors que les bidons c’est comme nous. Un barbu dans un grand manteau, comme ceux qu’on voit d’habitude. T’as pas cent balles ? je lui ai demandé. Il m’a emmené chez des potes à lui. Des mecs qu’on aurait dit aussi des pères Noël, question barbe, mais pas question couleur, à cause que leurs robes étaient noires ou marron ou je sais pas.
— Mouais, et après ?
— Ils m’ont refilé des pâtisseries et du thé, à me gaver comme un porc.
— T’as bu le thé ?
— Parce que j’aurais une tronche à m’enfiler du thé ? C’est dégueulasse, ce machin. Mais les plantes, elles, elles ont pas rechigné.
— Et après ?
— C’est tout. Ils m’ont juste invité à revenir, qu’ils me refileraient du pognon et tout. Noël, ils m’ont dit, c’est des conneries et du fric foutu en l’air. Je leur ai dit que du fric, j’en avais pas, et que je risquais pas de le foutre en l’air. Justement, ils m’ont répondu, justement. Pis y’en a un qui m’a fait tout un baratin sur le partage, que les pauvres, eux ils les aidaient , et tout.
— Tu y es retourné ?
— Non.
— C’est bien ce que je disais. Pour être riche, faut le vouloir. Du coup, tu fais quoi pour Noël ?
— Le Père Noël, devant le Prisu.

L’été venu, il y a tout de même mieux à faire que de s’émouvoir de l’invasion des migrants. Même pas foutus de se vêtir de vêtements de plage corrects aptes à ne pas porter atteinte aux bonnes mœurs, ils souillent nos belles plages, effraient nos enfants, volent nos poules et déstabilisent le marché de la prostitution. Pour un peu, ils arriveraient même à nous rendre responsables de ce qui leur arrive. Mais qu’ils ne comptent sur personne pour battre sa coulpe, car l’été venu, entre les choix souvent douloureux à faire concernant le lieu où on passera ses vacances (mer, montagne, campagne) ; le type d’hébergement (camping, gîte, hôtel) ; l‘indice de la crème solaire, etc. chacun a son lot suffisant de soucis. D’ailleurs pourquoi ces envahisseurs ne prendraient-ils pas tranquillement leurs vacances chez eux plutôt que de venir nous polluer et faire tache dans le paysage idyllique de nos villégiatures ?
Cependant bon chrétien pour qui le mot compassion ne peut rester lettre morte, je ne pourrai m’endormir ce soir sans avoir souhaité de bons congés et de bons bains de mer à tous ces malheureux. Et sans avoir prié le ciel qu’il leur vienne en aide.

Les images, c’est encore mieux quand on entend ce qui s’y dit, s’y murmure, et s’y pense.

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De plus en plus d’occidentaux rejoignent les groupes armés islamistes. On peut estimer qu’ils sont déjà plus de 5000. Rien ne dit qu’ils ne seront pas bientôt 10000 ou beaucoup plus. Ce qui correspond à plusieurs bataillons, voire à une véritable armée. Qui peut, pour l’instant, revenir sans beaucoup de difficultés dans nos si beaux pays occidentaux et y semer la terreur.

Aussi, et plutôt qu’attendre que ces suppôts de Satan qui se réclament d’Allah sèment la zizanie lorsqu’ils auront débarqué chez nous, accueillons-les royalement et offrons-leur loukoums, dattes, thé à la menthe et surtout jeunes vierges pour qu’ils n’aient pas à les gagner par leurs actes courageux.

Mais c’est que des vierges, avec la dépravation qui a gangrené nos sociétés occidentales, y’en a plus tant par chez nous, vous entends-je me rétorquer. Gens de peu de foi, vous réponds-je, et que faites-vous de l’immense cheptel disponible dans les écoles maternelles et primaire ? Que ne comptez-vous pas sur ces innombrables têtes blondes dont les valeureux et courageux soldats d’Allah se satisferaient largement ?

Allah est grand. Allah est très grand. Si grand que l’on ne peut voir son visage, mais seulement ses babouches. Il n’est peut-être pas aussi grand que notre bon Dieu à nous les chrétiens, qu’on ne peut pas dire que nous soyons mal servis, mais bon dieu de bon dieu, il est vachement grand, Allah. Il est si grand que, de sa hauteur, au moins cent fois plus grande que celle de la tour Eiffel du plus haut des minarets −c’est dire !−, il ne peut voir les cireurs de bottes qui se prosternent devant Lui ; qu’il ne peut ouïr les discours imbéciles que ses valets déclament en son nom ; qu’il ne peut sentir l’odeur terrible de la peur qu’instillent ces fous de lui qui se prétendent être ses élus, voire ses pairs, et qui s’amusent à faire la pluie et le beau temps.
Allah est grand, certes, mais il est vieux. Peut-être pas aussi vieux que le monde qu’il a fabriqué avant même d’exister (Allah est très ingénieux), mais nom de dieu, qu’est-ce qu’il est vieux. Vieux et fatigué, ce qui se comprend lorsqu’on sait que le pouvoir, ça t’use un homme en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Mais dieu merci, Allah n’étant pas un homme, ça n’est pas catastrophique, du moins pour le moment. Mais le jour où le temps aura fait son œuvre et qu’Allah n’aura plus bien la force de tenir les salopiots qui sèment la pagaille par les couilles, ce ne sera pas de la tarte. D’autant que ça risque de tomber le même jour où notre bon Dieu à nous, les chrétiens, se retrouvera à l’hospice.
D’ici là, on aura eu intérêt à ne pas mettre les rênes du pouvoir entre les mains des mêmes sempiternels imbéciles.

 

J’aurais bien aimé faire un joli portrait d’Allah, mais il m’aurait fallu une échelle de pompier qui grimpe à l’aise aussi haut que le plus haut des minarets. Désolé.

 

Ras le bol et plein les oreilles de ces artisans qui font du bruit jusqu’à tard le soir et remettent ça tôt le matin, sous prétexte qu’ils ont une commande urgente : un boulot de charpentier et de forgeron. La charpente, je n’étais pas contre, mais se farcir la stridence de la scie qu’un affûteur peu futé a mal avoyée ; les coups de maillet répétés sur le ciseau à bois émoussé qui ne parvient à trancher d’un seul coup les nœuds à cause du mauvais aiguisage d’un aiguiseur aux sens mal aiguisés, qu’une erreur d’aiguillage a dirigé dans cette voie professionnelle pointue où un manchot n’a pas sa place ; la taille à l’herminette sur laquelle ahane un apprenti aux yeux fous de bourreau… merci bien. Mais c’était de la bluette sonore par rapport au boucan infernal qu’avait produit la masse sur l’enclume, le marteau sur le fer, le fer rougi à blanc qu’un gaillard en sueur plongeait dans l’eau qui frémissait à gros bouillons. Marre de ce tintamarre.
Tout ça pour fabriquer quoi, je vous le pose en mille ? Une croix, je t’en foutrais !
Bon, d’accord, c’était il y a longtemps et aujourd’hui, on est passé à autre chose.

Ras les esgourdes et plein la calebasse de ces exécutions en place publique que les autorités, à défaut d’avoir su organiser un quelconque festival, avaient mises en place pour développer l’activité touristique dans le patelin.
Et ne vous imaginez surtout pas que c’était un truc à trois francs six sous. Non, car les spectateurs en avaient pour leur argent, dont je n’ai d’ailleurs jamais vu la couleur ni entendu le doux tintement, contrairement aux organisateurs qui s’en étaient mis plein les fouilles, vous pouvez me croire, l’archéologie, ça me connaît.
Un fameux week-end, ils avaient fait les choses en grand, les organisateurs, des gentils, pas si gentils que ça. Racisme ou pas, c’est un métèque qu’ils avaient raflé, un maniaque asocial, il paraît. La police l’avait filé, avait guetté ses manies à travers le judas, ses moindres faits et gestes. Pas compliqué de trouver quelque chose de bizarre, donc de répréhensible, dans le comportement de l’individu qui se sait suivi, et qui, se sentant suivi ne peut que répondre à ce qu’on attend de lui : se comporter comme un fugitif. Et qu’est-ce qui amène quelqu’un à être un fugitif, si ce ne sont des choses pas très nettes et autres actes malfaisants qu’il a commis ? Le gars en question, ils l’avaient alpagué pour le juger. Facile, car se sachant coupable, et du pire crime qui soit de lèse majesté, il s’était en quelque sorte constitué prisonnier, façon de se tirer l’épine du pied.
Bon, ça date pas d’hier, comme on disait en Égypte, et Allah merci, dont on ne sait ni de qui, ni de quoi, c’en est fini de ces antiques méthodes de sauvages. Les modernes font mieux et le font de façon si expéditive qu’on ne peut regretter ces temps révolus des révolutions de palais, où des olibrius se couronnaient, sous prétexte qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Affiches, tracts, bouche à oreille et téléphone arabe, la billetterie avait été dévalisée en deux temps trois mouvements. Faut dire que l’affiche putassière à souhait avait été d’une rare éloquence. Question pub, on ne fait pas mieux aujourd’hui, et si Internet et les déambulateurs avaient existé à l’époque, sûr que Gaspard, Balthazar et leur vieux pote Melchior seraient venus assister au spectacle avec d’autres grands de ce monde d’alors.
Ah, la belle époque où les exécutions se déroulaient en place publique !

Dès l’entrée en matière (tableau 1 : « Pris sur le fait », mais quel fait ?), la foule s’était bruyamment et civiquement exprimée : « Salaud, métèque, crapouilleux, crapule, aux chiottes, retourne dans ton pays, sale nègre, nique ta mère ». Au VIe tableau (“flagellation et couronnement d’épines”), la foule s’était déchaînée contre le pauvre hère enchaîné. Au VIIIe tableau, les forces de l’ordre avaient dû contenir des éléments en colère qui huaient violemment un stupide inconscient désireux d’apporter de l’aide au condamné. « Il a rien fait, le bougre », avait-il gueulé. « Mais si, mais si ! » avait éructé la foule avant de lancer à son adresse : « Vendu, sale traître, les cocos au pilori, gougnafier ». Lequel inconscient, selon les autorités, avait été placé en garde à vue. Pour sa protection. 
Le clou du spectacle ? La mise à mort de l’infâme, plus crucifiction que crucifixion. Avec les clous volontairement grossiers, mais habilement forgés pour qu’ils présentassent maintes épineuses échardes aptes à transformer en charpie la chair juteuse des mains du supplicié. Un triomphe, une exultation, une liesse joyeuse auquel le tohu-bohu vite calmé de quelques agitateurs réfractaires au bon ordre ne fit rien. Les grandes douleurs qu’éprouvent les condamnés émoustillent ceux qui ne le sont pas : rapidement ils taisent leur silence coupable pour se laisser aller à la joie d’être du bon côté, celui des juges, du bon droit et de la côte d’agneau aux flageolets ou du couscous royal. Quel vacarme, quelle clameur, qu’un son et lumière hors pair joint à des effets spéciaux dantesques avaient fait redoubler d’éclat. Bref, un joyeux bordel.
Avec l’épisode pleureuses (XIIe et XIIIe tableau), je n’avais échappé à l’infarctus que grâce à des boules Quiès habilement manufacturées à base de cire d’abeille, promptement introduites dans la bouche des mère, maîtresse et comparses du supplicié. Si les décibels avaient certes baissé d’un ton, je n’avais pas pour autant réussi à renouer avec le silence auquel tout un chacun a le droit pendant le week-end.
Et si, pris d’une volonté expiatoire, il avait pris au condamné la fâcheuse idée de prolonger son agonie, ou, résultat similaire, si un des bourreaux, par taquinerie, s’était ingénié à ne porter aucun coup fatal dans l’instant ? Horreur !

Cette aventure m’avait tué. Aussi, et les pouvoirs en place n’ayant nullement l’intention de perdre les subsides qu’occasionnaient ce type de spectacles, j’avais décidé de passer, désormais, mes longs week-ends dans un coin tranquille de ce qui deviendrait, beaucoup plus tard, le département de la Loire, où avec Ponce, un romain, ami de longue date, qui possèdait une villa sur les pentes du crêt de la Perdrix (un coin d’où il tire son patronyme), nous pensions élaborer un projet touristique autrement intéressant. Comme moi, il ne supportait pas plus le vacarme des ouvriers, les piaillements de la foule excitée et les cris des suppliciés, cependant moins que le fait de ne toucher aucun subside lié au spectacle des exécutions. Pour le lieu, on avait pensé aux Balkans, ses vastes plateaux, ses étés torides, la tenue exemplaire des autochtones qui ne braillent ni n’applaudissent à tout va et à tout rompre, notamment le silence. Ou quelque part du côté de l’Égypte, de la Libye ou de la Syrie, régions cependant moins boisées, ce qui en faisait un deuxième choix, bref, autre chose que la Palestine, pays de braillards indisciplinés. 
Les années 90 et celles qui suivraient nous paraissant comme étant promesses d’excellents crus, nous avions topé là.

1 milliard 200 millions de catholiques sur terre. Incroyable ! À croire que les cathos, quoi qu’on en dise, coïtent largement autant que les autres, si ce n’est plus. 
J’imagine qu’ils communient au même moment. Mais non, pas lors de leurs ébats ! Il est bien entendu que, tous ne pouvant passer à confesse, la plupart ne seront pas en état de grâce et qu’une autre plupart sera même en état de péché, du banal véniel à celui de luxe, mortel. 1 milliard d’hosties ! Un sacré marché, les hosties… Plus que les missels et les bibles qu’on se refile de grenouilles de bénitier en tétards de fonts baptismaux. 
Tout de même extraordinaire, qu’il y ait autant de cathos, surtout qu’au départ, on ne peut pas dire qu’ils tenaient longtemps. Je ne sais pas comment ils s’y sont pris, mais pour moi, ça tient du miracle. 1 milliard 200 millions !
Certes, il ne faut pas rêver, et tous n’assistent ni aux messes, ni aux angélus, ni à vêpres, ni aux complies, et tous n’ont pas la foi, la vraie foi chrétienne, mais tous ont bien dû être baptisés, s’ils sont cathos. Alors l’hindouisme, avec ses 10 millions de zozos qui vont faire trempette dans le Gange, ses adeptes peuvent aller se rhabiller.
Une grande et belle famille, les cathos. Oui, il arrive qu’ils se chamaillent, mais dans l’ensemble, ça ne se passe pas si mal. Petit clergé ou laïcs, je parle de ceux de base, soyons sérieux. Parce qu’au Vatican, entre les luttes de pouvoir, les cachoteries, les larçins, les coups en vache et les poissons du 1e avril qu’ils s’accrochent dans le dos en rifougnant méchamment, ça n’est pas la même. Mon bon Jésus, tu as vu ce qu’ils font de ton symbole ? Si on en croit les mauvaises langues, ça se réconcilie bien un peu sur l’oreiller, mais ça n’empêche en rien les crocs en jambe vicelards que certains font à leurs petits copains, rien que pour les faire bisquer ou pour avoir la meilleure place au réfectoire. Celle à la droite du quasi dieu vivant qu’est le pape, et à une coudée du secrétaire d’État qui fait la pluie, le beau temps, plus quelques tours de magie à côté desquels ceux de Houdini n’étaient que de gentils amusements pour des bambins un rien crétins. Mais quel boulot pour parvenir à être dans les petits papiers du Grand Pontifiant et, en même temps, du Grand Manipulateur. Bravo !
Et bravo à ces catholiques qui observent un rien aveuglément ces règles qu’on leur édicte, règles que nombre de leurs auteurs ne respectent que selon leur bon vouloir et intérêt personnel, en même temps que, prenant sans doute des lanternes pour des vessies et leurs ouailles pour des idiots, ils parjurent, rompent allègrement leurs vœux, violent leurs serments et plus. Si affinités.

« Les femmes, qui provoquent par leur habillement succinct, qui s’éloignent de la vie vertueuse et de la famille, provoquent les instincts et doivent se livrer à un sain examen de conscience, en se demandant : peut-être le cherchons-nous ? »

Tel est le petit manifeste qu’a placardé sur la porte de l’église de son patelin (San Terenzo, Italie) Don Piero Corsi, le bon curé. Qui s’est fait sonner les cloches par sa communauté, rien que des ingrats que, personnellement, j’invite à se confesser et à faire repentance, faut quand même pas déconner avec ça.
C’est vrai, quoi. Entre les pétasses qui portent des strings à la messe, les salopes qui ne portent pas de petite culotte et celles qui n’en ont pas changé depuis leur dernière relation sexuelle et dont l’odeur attire les mâles en rut, on va où ? Et les greluches avec une jupette à ras le bonbon –parfois appétissantes, je n’en disconviens pas, mais pas toujours– qui, se relevant après avoir goulument suçoté le corps du Christ, étalent leurs chairs plus ou moins flasques, c’est-i pas une honte, une atteinte à la pudeur ? Me dites pas que vous l’avez pas remarquée, la gêne du Jésus. Et me dites pas que vous n’avez pas observé comme ça bougeait sous le petit bout de tissu qui lui cache ses divins organes de reproduction. Seriez pas un tantinet excité après plus de 2000 ans d’abstinence ? Si ça n’est pas de la provoc et de l’indignité, c’est quoi ? Les filles qui ont le feu au cul comme ça, moi, je te les excommunierais vite fait. Mais d’abord je te les prendrais à confesse, et on verrait… On va quand même pas mettre un pompier à l’entrée de l’église, nom de dieu !

Et faut pas croire, y’a pas qu’en Italie, mais chez nous aussi. Tiens, l’autre jour, pas plus tard que samedi dernier, 18 heures. Déjà que je trouve le jour pas très catholique, il a fallu qu’en plus ils mettent la messe à l’heure de l’apéro, on croit rêver. Bref. Pour le curé, je dis pas, avec ses burettes qu’il vide en radin, mais pour nous, nib. Bref, c’est pas le propos. Y’en a une, de gonzesse, on me croit ou non, la v’là qui se pointe en short et débardeur. Quand je dis short, c’est short, court si on préfère, très court, si court que je me suis demandé si c’était une pauvresse qu’avait pas les moyens, que je te lui aurais bien réchauffé les fesses. Quant au débardeur, autant dire que ça débardait débordait de tous côtés, y compris vers le bas. Un débardeur qu’une cravate, à côté, tu peux croire que c’est un drap pour un lit deux places 140 par 200. Et je vous le donne en mille, elle est allée communier. La gueule du curé, que si sa soutane et son aube ç’avait été du bronze, autant dire que les enfants de chœur auraient pas eu besoin de branlicoter leurs clochettes. Faut dire que la gonzesse en question, question nibars et miches, ça se posait là. L’office terminé, j’ai pas pu m’empêcher de lui dire que, quand même, elle aurait peut-être pu se nipper comme une bonne chrétienne plutôt que de s’attifer comme une fille de mauvaise vie. Vous savez quoi ? Pas le temps, qu’elle m’a répondu, le boulot. Ah oui ? je lui ai dit, et où ça ? Là, sur le trottoir, elle a répondu. Même que j’ai un client qui m’attend, elle a rajouté en se remettant les ovaires nibars en place. 
J’ai rien contre, faut pas croire, mais moi j’appelle ça de l’appel au meurtre, pire, du vice. Faudra pas vous étonner si vous vous faites sauter dessus par le premier venu, je lui ai lancé à la volée, à défaut de lui en coller une, que si c’était ma fille qui me déshonore comme ça et qui me fasse venir une pareille érection, pas sûr que je serais pas tenté. Des diablesses, moi je dis, les filles comme ça. Alors oui, le curé de saint machino, en Italie, je suis d’accord avec lui. Un jour, vous verrez, on finira par retrouver la croix du Jésus toute vide, avec les clous par terre. 2000 ans sans la moindre galipette, tu parles ! 
Me faire sauter ? qu’elle m’a crié, j’en viens et j’y retourne, ducon.

Je parle des gonzesses, mais les mecs, ils sont pas en reste, faut pas croire. Avec leurs jeans moulant et tout, que le curé où je vais quand l’autre il fait grève, à cause que c’est un prêtre ouvrier, c’est ce qu’il dit, il y est pas insensible, comme des rombières non plus, que ça les ramène au cirque quand elles étaient gamines. Le chapiteau.
Le pire, les gonzes, c’est sur la plage, leurs tablettes de chocolat et leur petit slip moulant que tu te dis que le chocolat de leurs tablettes, le soleil l’a fait dégouliner plus bas, à moins qu’ils se soient carré une coquille saint Jacques, comme les danseurs. Un appel au coït, moi je dis, au su et au vu de tous. Et que je te roule des mécaniques, et que je fasse le mec pareil. C’est pas compliqué, je suis observateur, y’en a qui disent que je suis un voyeur, je suis pas d’accord. Encore l’autre jour, le samedi après-midi d’avant la messe, à la plage, j’ai vu quoi, je vous le donne en mille ? Une nana. 17 heures. Elle se met debout, secoue sa serviette, la plie, se barre en dandinant du pétard. Sa place, pas mouillée mouillée, mais quand même, au point que j’ai cru qu’une vague était montée jusque là où elle était. Tu parles, la mer était étale !

Alors notre bon curé, je sais pas vous, mais moi je suis d’accord avec lui. Jésus, je sais pas et ça me regarde pas, mais s’il le fallait, sûr que je le soutiendrais, le curé.

Dieu m’est apparu. Sous la forme d’un Qvσckšwl (ça se dit comme ça s’écrit, mais il vaut mieux ne pas le prononcer ) ni grand, ni petit ; ni mou, ni dur ; ni carré ni pointu (pour les connaisseurs de cette poésie sans pareille qui commence par cette mémoriable introduction : Chasseur as-tu vu ? Mais, me direz-vous, âpres à vouloir des précisions, et impies que vous êtes, à quoi ressemble vraiment Qvσckšwl ? Sérieusement, à quoi voulez-vous qu’il ressemble, si ce n’est à Dieu lui-même (ou soi-même) en personne ? Mettez Dieu face à un miroir, ou plutôt, priez-le qu’il s’y mette. Quelle image le miroir renvoit-il ? Celle de Qvσckšwl. Ce Dernier, façon stupide de parler, se mirant, donc se reluquant dans ce même miroir, puisqu’il n’y en a qu’un, y voit l’image de Dieu, donc la sienne. Et, bien que Dieu n’ait pas plus de vice que le miroir de bonne qualité –un Saint-Gobain fabriqué en Chine– allez savoir s’il ne se trouve pas à Son divin goût. Car Dieu ne doute de rien.

Folie que cela, m’opposerez-vous. Ben voui. Je ne suis pas contre, car Dieu est folie, celle de pouvoir imaginer l’imaginable autant que l’inimaginable, c’est dire.

Bon. Qvσckšwl m’est apparu. Pas seulement sous une forme vidéo, mais aussi audio. Et que m’a-t-il révélé, le Bougre ? Que j’étais un de ses nombreux prohètes : le dernier. Donc celui le plus au courant, le plus au jus, le plus à même de détenir la vérité (qu’il tient de Lui), et comme la vérité est aussi mouvante que les sables du même nom, il est bien évident que le dernier qui a parlé ayant raison, c’est parce qu’il est habité de Raison (avouez que mon R majuscule ne manque pas de gueule! C’est ça, le signifiant).
Ô toi, mon nouveau prophète, m’a-t-il dit, voilà ce que en Mon Nom, tu vas annoncer aux hommes, et voilà comment en Mon Nom éternel, tu vas bidouiller tout ce qu’il faut pour que, en Mon Nom, ils fassent exactement et à la lettre ce qu’il faut pour te satisfaire.

Je n’entrerai pas dans les détails, action qui suppose quelques capacités physiques que mon âge, au cœur de l’hiver ne peut permettre, mais en substance et en gros, dont je vous laisse faire détail, voici ce qu’Il m’a glissé à l’oreille de Son souffle divin un chouïa haletant et fleurant plus ou moins bon les vieux livres dont se délectent les moisissures qui, en un merveilleux bouquet d’un bleu moins azuréen que celui de la peau d’un maquereau défraîchi, exhalent leur pestilentielle et létale haleine. Dont Dieu se moque comme de l’Alcoran1 comme de sa première communion : éternel il est, éternel il sera pour l’éternité.

Mais plutôt que me perdre en divagations certes intéressantes, mais longuettes, j’en viens à ce qu’il m’a dit et que j’ai recopié, langue pendante, sur mes Tables de la Loi.
Primo, et dès lors, jamais plus il n’y aura de secundo. Ceci est la règle première que chacun devra observer s’il ne veut pas passer à la gégenne géhenne. Secundo…
Couillon comme pas possible, je lui fais remarquer qu’il n’y a aucune raison qu’il y ait deux poids deux mesures.
Toussotement. Et comment pèserai-je les âmes ? Me rétorque-t-il, à juste titre, un jaja d’enfer en main, dépassant allègrement les 15°, contenu dans un godet de cristal d’or, matériau là-haut moins rare que la connerie.
Ascouze mi, lui ai-je répondu. Désolé. Je suis tout ouïes et, comme la carpe qui se la ferme, je clos (du verbe clore) mes lèvres, les soude plus fort que ne le ferait une lessive.
Plus de secundo, reprit-il, mais un tierço.
C’est pas plutôt tertio, qu’on dit ? L’ai-je interrompu, regrettant aussitôt de l’avoir fait.
Certes, a-t-il admis, reconnaissant en cela le bien fondé de l’excellent choix qu’il fit en m’appelant. Tertio donc :
a) nul de devra me représenter par quelque moyen que ce soit, numérique, peinturluresque, chansonnesque, ou sous la forme d’un quelconque art statuaire, et surtout pas s’il fait appel à la technique primitive du colombin. On est de son temps ou pas, et Je le suis, étant de tous les temps. Si on me représente classe et en majesté, je dis pas, mais faudra y avoir mis le paquet. Et tant qu’à faire, si ça n’est pas pousser le bouchon trop loin, je préfère qu’on croque mon profil gauche.
b) Afin de pouvoir se découvrir pour mieux me saluer, chacun devra porter une coiffe : un entonnoir pour les hommes, un pot de chambre fleurs zébre pour les femmes. La coiffe des prêtres devra être à Mes couleurs, je ne transigerai pas.
c) Cantiques et louanges devront être chantés ou dits en Si bémol majeur par les seuls vierges et puceaux de plus de 40 ans. Les grands prêtres seront habilités aux vérifications qui s’imposent.
d) La pratique de la lapidation sera réservée aux Grands Pervers, une caste issue des Grands Prêtres qui devront les désigner par cooptation, comprenne qui pourra. Ils percevront des émoluments sous forme de vierges et puceaux à choisir parmi les élus qui se seront sacrifiés pour la bonne cause, la Mienne, que tu pourras épouser en Mon Nom.
e) Les rapports sexuels voués à Moi-même et à mon représentant sur terre, je veux dire Mon Prophète bien aimé, donc toi-même, ne seront admis que sous réserve du Patron, donc Moi-même, en collaboration avec Mon bien aimé Prophète qui délèguera son droit auprès des Grands Prêtres dans le cas où ses appétits sexuels seraient amoindris. Les progénitures issues de ces rapports n’auront d’autres chose intelligente à faire que procéder à mon adoration et exécuter les tâches, notamment domestiques, confiées à eux par les dominants : Grands Prêtres et autres hypocrites.
f) Ayant d’autres chats à fouetter, je confie à mon bien aimé et sublime Prophète, en l’occurence toi-même (Il parle de moi) la tâche d’édicter les autres règles, en Mon Nom et à son profit, qu’il pourra partager avec les élus de son choix qui lui devront allégeance. C’est ainsi, j’ai dit.

Sur ce, Qvσckšwl m’est disparu, forme qui peut surprendre, mais qui n’est pas plus couillonne que celle qui consiste à dire « Qvσckšwl m’est apparu ».

Investi de cette lourde tâche qui m’incombe, je me suis enfilé deux verres de Raki, boisson œcuménique s’il en est, un autre de Gωenruçtìne (prononcer groroujkikolmat), un alccol divin qu’on ne sert que dans les bistrots bon chic bon genre de l’Eden, puis une petite pucelle qui se la jouait farouche, ignorant l’insigne honneur que je lui faisais. Petite gourde !
Transcendé, j’ai armé ma Kalachnikov et suis allé me farcir quelques impies infidèles. Le pied.
Une fois apaisé et reposé, j’ai planché sur les règles g, h, i, j, k, etc. à édicter. Arrivé à la lettre Q, j’ai su ce que j’avais à faire. Je suis passé directement à X, et là, autant vous dire que l’inspiration m’est venue.

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1. La vraie expression, dont le sens est « s’en battre les balloches » est en fait « s’en moquer comme de l’en-cas rente ». En effet, dans le XVIIIe (siècle, pas arrondissement), les voyageurs avertis (par qui, on ne l’a jamais su) ne prenaient jamais le train sans de bonnes provisions de bouche (en-cas), se constituant en fait une véritable rente alimentaire. En ces temps de disette, cela leur permettait de claironner qu’ils s’en moquaient comme de l’en-cas rente. 
« S’en moquer comme de l’Alcoran » procède donc d’une infdèlité à la réalité histérique historique, ainsi qu’à un manque total du plus élémentaire bon sens. Alcoran ne veut rien dire, comme d’ailleurs l’ont mis en évidence d’éminents linguistes occidentaux. (je sais, cela va de soi, d’où la biffade –du verbe biffer–)