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Si je lis le journal ? Faut bien se tenir au courant des actualités, croyez pas ? Alors voui da, je lis le journal, et non content de le lire, j’écoute aussi la TSF et ce nouveau machin qu’il y a des images qui bougent et où ça cause sauf si ils font grève, eux ou le DF, des feignasses ceux-là.

Je lis le canard, c’est acquis. Mon préféré, c’est AUJOURD’HUI, y compris çui du dimanche avec  son magazine AUJOURD’HUI M’SIEURS DAMES où c’est qu’on apprend plein de trucs, du genre comment être heureux et se débarrasser des insomnies, des kilos superflus ou des poils, et pas se laisser emmerder par les mioches. Et c’est en lisant tous les jours le journal que je m’ai rendu compte des erreurs et pire, des mensonges et encore pire, des conneries que ça leur arrive de nous embobiner avec, comme les statistiques, qu’on se dit que ceux qui y écrivent ils feraient aussi bien de faire de la politique. Sauf que c’est pas le jour même qu’on s’en rend compte, faut pas rêver, c’est le lendemain, donc le jour d’après de celui qu’il est sorti tout frais imprimé de la veille du lendemain en question.

Alors question confiance dans ce que narre la feuille de chou, autant dire que c’est nib. Qu’on t’annonce blanc pour lire le lendemain qu’en fait ils voulaient dire bis, que c’était une coquille, et que le surlendemain ça les gênerait pas d’écrire qu’en fait c’était pas bis mais carrément noir qu’ils voulaient dire, ça va bien. C’est à cause de pigistes qui pigent de travers, qu’on me dit, que va savoir si c’est pas à cause qu’ils sont payés au noir. Je veux bien, mais moi le baveux que je lis devant un petit noir au troquet du coin, c’est pas au noir que je l’ai payé, et pas avec un chèque en blanc. Le gars à qui c’est que je l’achète, c’est du sang pour sang bien de chez nous, un bougnat pour tout dire.

Bref c’est pour cette raison que dorénavant c’est plus le journal du jour où on est que j’achète, mais çui du lendemain. Et le patron du bistrot-tabac-presse, qu’il essaie seulement de me refiler en douce la mauvaise édition, j’aimerais bien voir ça !
J’achète mon canard du lendemain, j’en rafle un froissé de la veille qui avait cours hier, plus un déjà vermoulu du jour d’aujourd’hui comme ils disent à la TSF, je m’installe à ma table, je commande un petit noir, et crayon en main je compare et je prends note.
Ah nom de dieu, les âneries qu’ils peuvent raconter, les précisions à la con, les menteries qu’ils te balancent et les démentis même pas honteux qu’ils cloportent colportent !
Ceci dit, je dis pas le nombre de conneries que ça m’a empêché de faire. Comme pour les élections à titre d’exemple. Avec le journal du lendemain du jour en cours, çui que j’achète, je sais qui est élu président avant tout le monde. Dans le canard de la veille et ceux d’avant ils président prédisent que c’est Machin le prochain président, et quoi ? C’est Bidule qu’est élu et qui se retrouve à présider nos destinées, nous v’là beaux. Ben merde alors ! je les entends dire quand ils verront qu’ils se sont mis le doigt dans l’œil.
Et ça me sert à quoi d’être au jus avant tout le monde ? C’te blague, à faire des paris, pardi ! Le machin qu’il y a un écran avec des images qui bougent et où ça cause sauf si ils font grève ou que le vent il t’a bouzillé l’antenne rateau qui chope les ondes, vous croyez que je me l’ai payé avec quoi ? Maintenant ceux de la télévision, je me demande si c’est pas pire. Si on pouvait y enregistrer, quèque chose me dit que ça serait pas triste.

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Se faire prendre en otage n’est pas particulièrement agréable, mais se rendre compte que les armes des preneurs d’otage proviennent, entre autres, de pays d’où sont issus les otages, est fortement déplaisant. D’autant si un parent, ami ou simple relation de la victime travaille dans l’industrie de l’armement. Après il n’y a plus qu’à attendre son exécution ou sa libération  soumise à quelques menues conditions, osent dire de mauvaises langues. Libération contre quoi ?
Notamment si elle est filmée, l’exécution d’un ressortissant d’une démocratie occidentale déclenche émoi et protestations, réactions sans commune mesure avec celles qui suivent les menus dérapages des armées occidentales comme certaines frappes vaines et hasardeuses, par avance absoutes au nom de cette notion bien pratique de pertes collatérales. Frappes qui jouent la grande faucheuse auprès de populations civiles le plus souvent innocentes. Sans commune mesure non plus avec ces images qui nous ont montré, il n’y a pas si longtemps, la cruauté imbécile, les vexations et humiliations que certains de nos chers défenseurs du bien ont infligées à des prisonniers, nécessairement hérauts du mal, sans raison autre que la déraison, la bêtise et le plaisir, quel plaisir !
Il y a plusieurs façons de tuer  : le couteau de boucherie en est une ; la non reconnaissance, le mépris de l’autre et son humiliation en sont une autre. L’une est perçue comme étant ignoble et pratiquée par des barbares, l’autre est considérée comme n’étant qu’une simple bêtise commise par d’irréductibles idiots que les conditions de guerre ont traumatisés, les malheureux. On n’en parlera que le temps d’oublier qu’ils étaient sous les ordres de supérieurs hiérarchiques au demeurant peu inquiétés.
On égorge bien les cochons. Ces “porcs d’étrangers infidèles”, pourquoi alors  les djihadistes, ne les égorgeraient-ils pas comme on égorge un cochon ? Nos chères démocraties ne les ont pourtant pas attendus pour manier le couperet pendant des siècles et faire ouïr le doux bruit de la guillotine à des milliers de spectateurs souvent ravis, tels ceux qui, en France, assistèrent à la dernière exécution en public en 1939, spectacle populaire qui, par ailleurs, fut fixé sur pellicule. Les firmes commerciales d’alors, ne prenant pas toute la mesure de l’opportunité qui s’offrait à eux en terme de pub, ne profitaient pas de la popularité des exécutions pour vanter leurs produits. Contrairement à celles d’aujourd’hui, comme ces médias dont le comportement n’a rien à envier à celui des charognards.Quel dommage pour Dubo Dubon Dubonnet, Michelin, Baignol & Fargeon, Castrol, Massey Ferguson, mais quelle chance pour les feuilles de chou, les radios et les télés.
Aujourd’hui, plus que l’événement lui-même, c’est le buzz médiatique qui compte, buzz d’autant plus marquant que le gore s’invite. Les crimes passent, d’âme ou de sang, suivis de nouveaux crimes qui éveillent de nouveau l’intérêt des foules, jusqu’à ce que celui-ci s’émousse avant de se renouveler pour une nouvelle horreur, vendeuse.

Alors quoi ? Prions mes frères ?

Après le printemps arabe, l’automne du même, que suivra l’hiver du re-même, donc arabe. Pis d’abord, c’est pas le printemps arabe, mais les printemps. Pour les autres saisons, ça sera kif-kif, avec du décalage dans l’air… frais, voir glacial. Heureusement, entre frères… musulmans, on se réchauffe, ça va chauffer, et ça chauffe déjà. Comme en Égypte. En, Égypte dont on a rien à cirer, du moins pas plus que de la Syrie, c’est dire, de la Libye et de la robe de mariée de ma petite sœur qui avait oublié d’être pucelle, la salope, quand elle s’est mariée, me demandez pas avec qui, vous le savez, un vieux. Chez nous, les filles, c’est fait pour les vieux. C’est pour ça qu’il me tarde d’être vieux. Soixante huit berges, mon âge, c’est pas assez pour me payer une jolie frimousse du quart de l’âge de mes artères.
Faut dire que les arabes, on n’en a rien à cirer, à encenser ou à loukoumer depuis qu’on a d’autres chats à fouetter. Z’êtes p’têt pas au courant, à cause que votre télé elle marche qu’une fois calée sur La France a un talent à la con*, mais il se passe des choses terribles par chez nous, que c’est pas les 30 000 morts et quelques en Syrie, les je sais pas combien de milliers en Libye (des pro-Kadhafi, donc des traitres) et les 4 ou 5 en Égypte, plus même pas 500 dans les Territoires occupés qu’on se demande quand les Israéliens apprendront à faire mouche, bref moins qu’une ville moyenne de par chez nous… qui vont nous émouvoir. Des choses graves, comme avec L’UMP, un parti plutôt mal parti pour reconquérir le pouvoir, à moins de compter sur le PS et la force de frappe de son équipe largement aussi capable que l’UMP de tirer dans ses propres cages et de marquer le but. Le PS et son savoir faire, on a vu ce qu’ils sont capables de faire et surtout de défaire. Va savoir si c’est pas à cause d’un excès d’imagination. Un parti qui n’en manque pas, d’imagination, c’est l’UMP, ubuesque, médiocratique et puéril, dont les figures de proue, avec leurs comportements débiles, vont finir par pousser sympathisants et adhérents à se glisser dans le lit du FN. Avec une droite décomplexée façon Copé, qui s’assume à sa façon, sale temps pour les arabes qui vivent dans notre beau pays d’où serait sortie, on a du mal à le croire, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Dieu merci, François Fillon est bien décidé à remettre de l’ordre dans ce merdier où sa part de responsabilités n’est pas des moindres. Après tout, qu’est-ce qui l’a empêché de laisser le champ libre au médiocre Jean-François que son avidité du pouvoir conduira nécessairement à l’obtenir. Un combat des chefs de cette trempe, faut reconnaître que 1. ça vaut le détour ; 2. ça fait vendre les canards tant ça franchouillardise ; 3. ça fait doucement rigoler dans les chaumières ; 4. ça permet d’occulter, ne serait-ce qu’un temps, les vrais problèmes et difficultés comme, par exemple, ce qui se passe dans les pays arabes dont seule la presse qui n’est pas lue se fait témoin. Et aussi le chômage, la montée des extrémismes, l’ingérence des religieux dans les affaires de l’état, les arnaques des grands groupes financiers, les scandales liés à la santé, etc. Complétez la liste. 
Parce que tourne toujours plus vite et à vide la roue des infos, demain, on ne parlera pas plus de la guéguerre entre Fillon et Copé que des 5 malheureux centimètres de neige qui ont transformé des automobilistes idiots en naufragés de la route.
Mais si la neige ne cesse de tomber, que l’UMP continue à nous amuser, et que le PS, par un manque cruel du moindre projet de société continue à tromper ses électeurs, en pérennisant un système délétère de gestion d’état, demain, la roue grippée des infos pourrait bien cesser de tourner à vide et s’arrêter sur les gros titres d’un printemps… européen.

* Ah, si Fillon et Copé se présentaient à cette émission…

Je m’ai fait greffer une télé. ça m’évitera de perdre mon temps à la chercher, et comme ça m’arrive de me laver, je n’aurai plus à faire la poussière sur l’écran. J’ai remplacé la télécommande par des bio-contacteurs et viré l’ancien boîtier, ce qui me fait gagner une place non négligeable. Mon appart n’est pas grand, et c’est toujours ça de pris.

Rien de mieux qu’un bio-contacteur. Tu veux la chaîne Q, tu te le tripotes, et c’est parti. C’est un exemple, on l’aura compris, parce que faut pas croire, mais ça n’est pas la seule chaîne que je regarde. Sinon, j’aurais même pas eu à me faire poser un bio-contacteur dans le fondement. Pour une émission qui cause de politique, c’est un bio-contacteur automatique. Suffit que je me mette en mode schizo et que je pense au Palais Bourbon, et c’est parti pour une sieste. C’est aussi un exemple. Envie de voir un match ? Rien de plus simple : je m’ouvre une bière, me cale dans le canapé, et vas-y que ça se met à courir après le ballon. Le foot, quand c’est les Français qui jouent, je peux retourner tranquillo au frigo me sortir une bibine sans risquer de les voir louper un but. Risque d’autant limité que pour rentrer le ballon dans la cage de l’adversaire, encore faut-il l’avoir au bout du pied. Quelques rots bien ajustés et bien sentis suffisent pour changer de chaîne, donc de sport.
Pour la messe, je n’ai qu’à faire un signe de croix, mais faut dire que c’est pas de tout repos, alors j’évite. Ça fait travailler le cœur, m’a dit le toubib, faut pas trop en abuser. Si vous préférez, m’avait dit l’installateur –un chirurgien reconverti dans le bizness hig-tech–, je vous greffe un crucifix quelque part où il y a encore de la place. Z’avez juste à appuyer sur le bouton poussoir et Dieu est à vous, en panoramique et stéréo. Mais la religion, faut reconnaître que c’est pas mon trip, enfin pas vraiment. Mon trip à moi, c’est les jeux, les talk-shows, la télé-réalité et aussi les machins avec des animateurs qui se font mousser par leurs invités que, plus ils les font passer pour des cons, plus c’est fendant. Faut dire qu’ils ont pas de mal, les animateurs, vu que les invités, c’est pas le fil à couper le beurre en été qu’ils ont inventé. Sinon ça se saurait, et ils viendraient pas. Pis y’a aussi les prime-time, comme ils disent.

Pour les jeux, c’est pas compliqué : le temps de dire deux ou trois grosses bêtises, du genre que… des que j’ai déjà entendues à la télé et que je répète, et je n’ai alors plus qu’à choisir entre Le maillon faible, Les z’amours, Questions pour un champion, plus le reste. Un regret cependant : qu’il n’y ait plus Le Bigdil de Lagaf’. Julien Lepers, il me fait tellement marrer que des fois ça me fait comme un court-circuit, peut-être à cause qu’il me fait pisser dans la culotte. Bien sûr que l’urine c’est un conducteur ; faut jamais avoir pissé sur un fil électrifié pour pas le savoir.
 Pour les émissions où c’est que les animateurs télé ils me font bidonner, c’est pas compliqué : un rire aux éclats, un filet de bave, un air débile, et ça y va. Après, c’est une question de mots-clés. Si je dis enculé, par exemple, ou une autre délicatesse, ça se cale sur On n’est pas couché ou On n’demande qu’à en rire. Fendage de gueule assuré. Mais bon sang de bonsoir, qui c’est qui couche avec qui ? C’est la question que je pose si je veux zapper sur des histoires de coucherie comme il y en a, et il n’y a que ça à moins que ce soit pire, dans Secret Story. Ça marche aussi en actionnant les bio-contacteurs que je me suis fait introduire sous la peau  de mes bourses, ce que j’ai appris à faire en toute discrétion. Pour Koh-Lanta, un grattage sur mes parties génitales où s’ébattent des morpions, et c’est enlevé pour un remake de Crime et châtiment, où chacun gagnera son salut par la souffrance, youpi !
Pour me brancher sur L’amour est dans le pré, je me mets en mode branlette, pas plus compliqué que ça. J’y vais mollo, à cause du cœur. Fort Boyard, c’est un poil plus compliqué et sportif. Ça ne marche que si je descends à la cave. Balai en main, j’y file en douceur, dans le noir, sans faire le moindre bruit. Puis j’allume la loupiote en gueulant de toutes mes forces et en donnant de grands coups de balai, comme un dératé, donc un grand dépressif. L’idéal, pour une connexion de bonne qualité, c’est qu’une saloperie de rat me tombe sur le râble. Fervent croyant, ce que valide une certaine abjection pour les offices religieux, j’ai bien essayé de retrouner à mes vomissements après avoir avalé scorpions, couleuvres plus autres zakouski immédiatement rendus, sans toutefois trouver cela suffisamment goûteux pour remettre le couvert. Hélas, n’est pas héros qui veut, et il y en a moins chez moi qu’à Fort Boyard.
Se bidonner, c’est bien, mais se cultiver aussi, pas seulement pour avoir de la conversation, mais aussi pour s’élever l’esprit. Alors je m’efforce de ne rien louper de cet espèce de machin-réalité dont le titre –Les Ch’tis débarquent à Mykonos– ne me fait pas regretter que les Ottomans n’y soient pas restés. Jamais je dirai assez ô combien ces Ch’tis-ci m’ont enrichi.

Les séries, nom d’un p’tit bonhomme, j’allais oublier les séries. Surtout ma préférée : Plus belle la vie, que je me demande où ils sont allés chercher le titre et encore plus les histoires qui s’y déroulent, d’une profondeur nettement plus abyssale que celle de mon trou de balle. À côté de ce qui se joue dans cette œuvre capitale et des fines intrigues qui l’émaillent de ce suspense insoutenable qui fait irrémédiablement penser à James Hadley Chase, ce qui se passe dans la cité phocéenne (Marseille, pour ceux qui, à l’école, veillaient à ce que les radiateurs ne s’envolent pas) est du nanan, de la bluette pour ménagère, de la comédie musicale pour collégienne qu’une acné redoutable rend plus disgrâcieuse qu’une gorgone de mauvais péplum.

On l’aura compris : j’adore la télé, et elle me le rend bien. Jamais en panne, toujours fidèle au poste, y compris lors des pannes secteur que je ne crains plus depuis que je me suis fait greffer une batterie qui se recharge à l’énergie solaire. Bref, la télé est devenue ma réalité, la seule.

Et la nuit ? vous ois-je vous interroger, sans doute préoccupé que vous êtes de mon bien-être. Les émissions nocturnes ne vous laissent-elles pas défait au petit matin ? vous inquiétez-vous. Je dors, télé allumée, les mains par-dessus la couette, qu’elles n’aillent pas farfouiller ici ou là sous prétexte que ma conscience a envie d’aventures, car là est mon maillon faible. 

Pourquoi pas me présenter à La France a un incroyable talent ? N’ayez crainte, j’y pense sérieusement..