Archives de la catégorie ‘gouvernants’

« T’es pas assez con pour qu’on t’élise président », on m’a dit.
« Ça, c’est encore à voir », j’ai répondu. « Votez pour moi, et vous verrez. »
Et vous savez quoi ? Ils ont voté pour moi, en masse !

Publicités

De notre envoyé spécial au Breïzistan.
Suite au discours que le président de la région Breïzistan a tenu dans la langue locale, le breïzistanais, le gouvernement central a déclaré l’état d’urgence dans cette région de l’extrême ouest du pays.
On leur donne ça, a déclaré le ministre de l’intérieur en précisant sa pensée à l’aide d’un zéro formé du pouce et de l’index de la main gauche, et ils veulent ça, a continué le même en dressant à la verticale le pouce seul . Ils auront ça, a-t-il ajouté en dressant le majeur, les autres doigts repliés sur la paume, geste universel dont la signification tombe sous le sens. Ils veulent la guerre, ils l’auront : la République une et indivisible ne peut accepter de telles dérives.
L’état d’urgence décrété, il s’est rendu au Foutesk, la brasserie en vogue dans les hautes sphères de l’état. On y cause exclusivement le français, le personnel est français (chaque employé s’est vu attribuer le label  “Français de souche” tant convoité par les étrangers, les Auvergnats et d’autres), la cuisine est française, de même que la femme du cuistot, c’est dire. Le Foutesk, où le ministre a rappelé ce que serait cet état d’urgence. Après avoir trinqué à la République et s’être empiffré de tripes à la mode de Caen, il en a exposé les principaux points :

«Toute personne surprise à fabriquer, trafiquer ou consommer des galettes ou crêpes (fussent-elles de deuil), du jus de pomme fermenté, des gâteaux écœurants bourrés de beurre et autre beurre salé sera passible de poursuites. Croyez-moi, les habitants du Breïzistan vont se faire de sacrés mollets de campeur… »

Interrompant son discours, le ministre a demandé qu’on lui remplisse le verre qu’il tenait en main. « Pas mal, les tripes, mais un rien salées », a-t-il dit en tendant son verre à Charly, le chef de rang du Foutesk, avant de reprendre.

« Les Goubiden, ces coiffes ridicules qui ressemblent à des tuyaux de poêle ajourés dont les femmes se couvrent le crâne sont désormais prohibés, comme le sont les chapeaux ronds à rubans des Breïzistanais. Ils ont des chapeaux ronds, vive les…
Je plaisante. »

— Charly, mets-moi une coupe.
— Ça vient. Et une coupe pour le ministre, une !

« Mesure far phare, l’enseignement du breizistanais et son usage dans les administrations sont interdits dorénavrant… je veux dire interdits à compter de tout de suite, d’autant qu’à force d’en user, c’est usé. Pareil pour ces rassemblements imbéciles où des sales merd… des mioches, passe encore, et des adultes attardés font la ronde en massacrant les parquets à grands coups de sabots lors de leurs fêtes, les fècesnoces, ils appellent ça, ou un truc pas loin.  Des orgies tapageuses, oui, et qu’ont rien à voir avec not’ 14 juillet. »

— Charly, Faut que je te l’demande comment ? Mets-en deux, tant que tu y es.

«Interdits les bagdads, des cliques que rien que le nom, si ça c’est pas du terrorisme, faut m’espliquer.  Déjà pour les oreilles. C’est que ça y va les couacs, avec leurs binious, que ça mériterait à l’aise d’être arrosé de  chevrotine. Les sabotiers, et leur fâcheuse tendance à saboter ce qui est sabotable, vont être soumis au port obligatoire du signe de leur infamie, que dis-je, de leurS infamieS, je vais me gêner ! Leur Hermine, ils veulent pas se la mettre dans le fondement ? qu’à cela ne tienne. On va leur faire briser les sabots en mille morceaux, et ils y tailleront à l’Opinel leur symbole celte à la noix. Qu’ils devront le porter sur leur poitrine de porcs breïzistanais.  Et en tant que ministre be l’indérieur, j… j’interdi… ça sera défendu de…»

— Du de fous de ma gueule ou guoi avec tes coupettes ? Laisse la bouteille et ap… app… file-moi un grand verre.

« Saint Yves et Sainte Anne, c’est  norédravant… c’est maintenant du passé, que ces têtes de mule de breïzistanais se mettent ça dans le grâne. Rayés du galendrier républicain Yves et la sœur Anne qui verra plus rien venir ne seront plus fêtés, c’est comme ça. Les cousins à la mode du Breïzistan, c’est fini. Finie aussi la pêche aux moules du Breïzistan, fini le homard à l’améric, je veux dire à l’armoricaine, blus dout le resde y’aura qu’à lire la lisde ovizielle dans le journal oviziel.
Tout élu, tous les élus, vive zélu… je plaisante, ou rebrévendant de l’ordre, du clervé, de l’adm… de l’admi… l’admisidration, ceux de la vongtion bublique, quoi, des transborts en gommun, des p… pét… des PTT, des assoc… et de la société civile pris à parler le breïzisdanais ze verra banni et débozédé défait déboudé déceptionné déçu, je veux dire déchu de la natio… nalité française.»

— Boudin… budin de bébie… Et merde, putain de PéPie. Vait zoif. Chhhh… Charly, j’ai zoiv, nom de dieu.

«Font chier, au Breïzistan, avec leurs gonneries. Pour la peine, leurs eaux deritoriales seront radajées à la Vendée ou à la Normandie zelon le gas.»

Si les idées de Hollande et de ses petits camarades ne sont pas d’une luminosité aveuglante, celles de notre Zorro national sont si peu claires qu’on les dirait sorties d’un cul de basse fosse.
Habituellement les prétendants à un quelconque trône sortent de leur chapeau lapins, colombes, foulards multicolores et autres merveilles d’illusionniste pour embobiner le bon peuple, qu’on se demande où ils vont chercher tout cela, tandis que Sarko, qui a épuisé son stock de tours de passe-passe, ne trouve pas mieux que de casser les jouets que notre bon François a laborieusement bricolés. Aux ruptures stupides d’un passé révolu, et s’inspirant de ces délinquants qu’il se promettait de nettoyer au Kärcher, le Sarko nouveau préfère désormais la casse, objectif ambitieux s’il en est, qu’il saura atteindre, n’en doutons pas, youpi !
Si je suis élu, j’abroge, déclare-t-il aux chalands venus l’applaudir dans l’espoir d’avoir quelque chose à gratter. J’abroge la réforme des rythmes scolaires ; j’abroge le mariage pour tous ; j’abroge la nouvelle carte des régions ; j’abroge toutes les réformes que Hollande a mises en place, y compris celles que j’avais moi-même initiées. Bref, je vais vous dire, une fois élu, j’abroge. Et que l’on ne m’emmerde pas, sinon j’abroge la Lorraine, le Pas-de-Calais, le Poitou-Charentes, les congés payés, la Constitution et la République.
Et les homos, ces déviants sexuels qui se sont passés la bague au doigt, je leur dis droit dans les yeux qu’ils peuvent se la mettre dans le cul.

de_la_rupture_a_la_casse

Allah est grand. Allah est très grand. Si grand que l’on ne peut voir son visage, mais seulement ses babouches. Il n’est peut-être pas aussi grand que notre bon Dieu à nous les chrétiens, qu’on ne peut pas dire que nous soyons mal servis, mais bon dieu de bon dieu, il est vachement grand, Allah. Il est si grand que, de sa hauteur, au moins cent fois plus grande que celle de la tour Eiffel du plus haut des minarets −c’est dire !−, il ne peut voir les cireurs de bottes qui se prosternent devant Lui ; qu’il ne peut ouïr les discours imbéciles que ses valets déclament en son nom ; qu’il ne peut sentir l’odeur terrible de la peur qu’instillent ces fous de lui qui se prétendent être ses élus, voire ses pairs, et qui s’amusent à faire la pluie et le beau temps.
Allah est grand, certes, mais il est vieux. Peut-être pas aussi vieux que le monde qu’il a fabriqué avant même d’exister (Allah est très ingénieux), mais nom de dieu, qu’est-ce qu’il est vieux. Vieux et fatigué, ce qui se comprend lorsqu’on sait que le pouvoir, ça t’use un homme en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Mais dieu merci, Allah n’étant pas un homme, ça n’est pas catastrophique, du moins pour le moment. Mais le jour où le temps aura fait son œuvre et qu’Allah n’aura plus bien la force de tenir les salopiots qui sèment la pagaille par les couilles, ce ne sera pas de la tarte. D’autant que ça risque de tomber le même jour où notre bon Dieu à nous, les chrétiens, se retrouvera à l’hospice.
D’ici là, on aura eu intérêt à ne pas mettre les rênes du pouvoir entre les mains des mêmes sempiternels imbéciles.

 

J’aurais bien aimé faire un joli portrait d’Allah, mais il m’aurait fallu une échelle de pompier qui grimpe à l’aise aussi haut que le plus haut des minarets. Désolé.

 

Laissez-nous le temps de faire notre boulot, et tout ira bien. Des ritournelles comme celle-là, les élus, ils adorent. Ils adorent nous les chanter à tue-tête, oubliant que, pour se faire élire, ils n’hésitaient pas à promptement clamer haut et fort, qu’une fois au pouvoir, avec eux, ça ne traînerait pas. L’artisan du coin, quand il doit quelques fifrelins à l’administration, je l’imagine bien aller pousser le même genre de chansonnette. Laissez-moi encore 2 ou 3 ans, et sûr que je paierai mes dettes rubis sur l’ongle.

Moi, je serais agriculteur aujourd’hui, même si je sais très bien que la gestion, l’écologie et moi, ça fait deux –et pour cause, les voies sans issues sur lesquelles on nous a mis : modernisation, mécanisation, informatisation… avec les emprunts qui vont avec, sans parler des politiques européennes– je serais agriculteur, disais-je, pas sûr, mais pas sûr du tout que je voterais pour un de ces bonimenteurs du PS, comme je l’ai fait aux dernières élections. Et dire qu’avec Sarko et les autres rigolos, on croyait avoir touché le fond ! Mais pas de risque que je sois agriculteur, jouer le cul-terreux les pieds dans la gadoue, faut quand même pas exagérer.
Je serais éleveur, en Bretagne comme ailleurs où des experts nous ont serinés pendant des années pour produire toujours plus sans se préoccuper de la réalité des marchés, je leur refourguerais mon exploitation, les y enfermerais et leur dirais : « Maintenant, montrez-nous comment vous allez vous en sortir ». Éleveur, à trimballer le fumier, c’est pas mon truc, il y a des limites à tout, mais si vraiment la vie m’avait amené à le devenir, tout le monde ne naissant pas avec une cuiller en argent dans la bouche, pas sûr que je revoterais pour un de ces rigolos de l’UMP. Ils me l’auraient fait une fois, ils ne me la feraient pas une deuxième.
Je serais pêcheur, même si je sais que, question gestion, il y aurait à redire, cependant moins que sur la façon dont l’Europe traite les affaires de pêche avec ses décrets et réglementations brutales comme un coup de vent du noroît, garanti que je ne risquerais pas de donner ma voix à un de ces charlots de l’écologie. Pas que je sois contre l’écologie, on peut pas être contre, mais je vais devenir quoi, mes gosses ils vont devenir quoi, les potes pêcheurs ils vont devenir quoi ? Faire dans la plaisance ? comme l’a dit une andouille de Bruxelles pour qui « bateau » c’est Petit Bateau et Petit Bateau un slip, un qui n’a rien à voir avec le carénage.
Je serais infirmière, et je parle pas des Marie-Thérèse, que finalement elles ont peut-êtwe waison de ne pas se pwendre le chou, faudwait pas que des gugus de l’UDI comptent que je vote pour eux, ah non, faudwait pas.
Je serais enseignant, sûr qu’au PS, ils pourraient continuer à rêver que je vote pour eux.
Je serais pompier, ils iraient tous se faire voir.
Si que je serais un toubib ou un truc comme ça, comme avocat ou je sais pas, mais un truc du genre pareil, je te fous mon billet que ceusses du Front de gauche ils iraient se rhabiller, avec ceux du FN. Sauf que ça risquerait pas, à cause que mes vieux, c’est pas l’envie qui leur aurait manqué que je fasse des études, mais c’est le pognon, que l’ascenseur social il attend le dépanneur qui serait lui-même en panne, à c’q’ui paraît.

Je serais politicien, et en supposant que je sois honnête, ce qui serait surprenant si j’ai fait l’ENA ou Sciences Po, j’aurais tellement honte des discours de mes pairs et de mes propres incapacités que je me tirerais une balle dans la tête le genou un bras la couenne. Une balle à blanc, soyons raisonnable. Non : mieux que ça, je prendrais la parole pour dénoncer l’incompétence des… Mais serait-ce bien honnête et surtout bien malin de cracher dans la soupe qui me nourrit ? Tout bien réfléchi, je me la fermerais.

Je serais un citoyen responsable, c’est pour moi et pour mon propre intérêt que je voterais. Comme chacun. Hélas, Dieu m’a voulu irresponsable.

Quand je vous le disais, hein ? Et j’étais pas le seul à y dire, non, non, non, non, non, non. Et ben voilà, on y est, et on y est bel et bien. Où ? Dans quoi je devrais dire, mais vous le savez très bien dans quoi c’est qu’on est, me dites pas le contraire. Et vous y êtes pour quèque chose, que vous y vouliez ou non. Le Jean-François, il y avait dit ou pas ? Un visionnaire, le gus, que le papa et la maman Copé, moi je serais eux, je serais fier d’avoir un fils comme ça. Pensez, un visionnaire !

Et la Marine, notre Marine nationale, moi je dis qu’en voilà une qu’a pas peur aux yeux, elle vous avait prévenu, Marine oui ou non ?

Et c’est quoi que vous allez faire, maintenant, hein, c’est quoi ?

La gangrène, ils y avaient dit et moi aussi, si tu veux pas l’avoir, tu coupes le bras qu’est daubé, sinon, sûr que tu la chopes et qu’après, on a plus qu’à te mettre en bière, et basta, et c’est bien le temps de chialer, tiens !

Des conneries ce que je raconte ? Vous y étiez, vous, ce matin, à Matignon ? Si vous y étiez, c’est que j’y vois mal, mais comme j’y vois bien, c’est que vous y étiez pas. Moi, j’y étais. C’est là que je les ai vus, tous les quatre, qui en sortaient. Non, non, non, pas par la grande porte, ça risque pas, à cause que leur religion, c’est sournoiserie et menterie. T’as pas le dos tourné que tu te retrouves avec un couteau planté dans le dos, si c’est pas pire., même s’il y en a qui préféreraient le pire, en dessous du bas du dos, mais chacun ses goûts, hein.

Et c’est qu’un début, vous pouvez me faire confiance. Les conneries, c’est pas un bon chrétien comme moi, catéchisme, confession, communion et tout le saint frusquin, qui risque d’en raconter, et encore moins des mensonges. Ils ont tout prévu, faut pas croire, des minarets en veux-tu en voilà, les ministères transformés en mosquées, et encore je dis pas tout. Et je parle pas des barbiers au chômage ! La tour Eiffel transformée en minaret, nous v’là beaux !

Alors moi, ce que je dis, c’est qu’il faut agir, parce que si on se laisse faire en les laissant faire, sûr que le prochain Noël, on pourra s’asseoir dessus.

Bon, juste pour ceux qu’auraient encore un doute, je mets la photo (c’est moi qui l’ai prise) de quand ils sont sortis de la mosquée de la rue de Varenne.

 

le_cauchemar_de_juppe

….

…..

 

Les gens qui sont dans la politique, je n’ai rien contre, loin de là. Difficile d’en vouloir à ces consciences éclairées, à ces êtres d’une consistance sans égale, à ces hyperactifs volontaires, fougueux et talentueux. Délicat de ne pas applaudir aux discours de ces valeureux tribuns, aux idées lumineuses de ces têtes pensantes qui les prennent (et nous surprennent lorsque nous en prenons connaissance) même pendant leur siestounette sur les bancs de leurs assemblées. Ardu et dangereux de s’opposer à ces gens de pouvoir qui savent mieux que des marionnettistes de talent tirer les ficelles des pantins qui s’abandonnent, confiants, entre leurs mains de démiurges géniaux et généreux. Scabreux de ne pas vénérer ces chefs ou cheftaines aguerris, à l’autorité innée, qui nous guident sur le chemin de la liberté-égalité-fraternité –fermez le ban!, que je m’y tienne debout au garde à vous afin de mieux apprécier cette noble étoffe qui les a fait choisir pour nous représenter et nous conduire à bon port, ne nous menant jamais par le bout du nez, ni ne nous faisant emprunter le moindre chemin hasardeux ou celui, tire-au-flanc, d’une stabilité improductive.
Être contre ceux que nous avons en quelque sorte intronisés n’est pas même pensable. Surtout lorsqu’on est pour. Je suis pour à cent pour cent, même à sang pour sang si se dessinait le moindre funeste destin. En un mot comme en cent, je les aime. De cet amour qui, n’attendant aucun retour, absolument aucun, ne saurait être déçu.

Hélas, hélas, hélas, trois fois hélas (ce qui fait quatre avec ce dernier,) sachant que d’aucuns, persuadés de tirer un jour profit de leur geste que l’Histoire leur montrera vain, sont plus prompts que moi à glisser dans l’urne ces petits papiers dont le rôle hygiénique pour le pays n’est plus à démontrer, j’évite quant à moi les bureaux de vote, les cris désespérés d’une carpe esseulée l’emportant sur les harengs harangues pas toujours fraîches et désespérantes des candidats dont notre saur (mauvais) sort, à les entendre est entre leurs mains âpres et mollement humides. Les élections se passent de moi sans qu’elles en tirent de bénéfice, tandis que je me passe avantageusement d’elles, y compris de celle de Miss France où, priant les carpes, truites, brochets ou perches de bien vouloir patienter, plutôt que taquiner le goujon, je m’attaque aux maquereaux, raies ou morues. Tant pis, alors, pour le Gefilte Fisch.

« Ne pas voter, c’est être irresponsable, c’est être contre la politique et contre ceux qui y sont jusqu’au cou, tentent d’y surnager et mouillent leur chemise pour la France et son bon peuple…» vous entends-je grommeler comme des bécasses, bien que celles-ci croulent, tout comme d’autres le font, sans doute vous-même, sous les responsabilités citoyennes qui les assaillent.
Que vous dire ? Laissons plutôt s’exprimer François Hollande, notre Président, comme il le fait dans la stricte intimité face à son miroir de salle de bains. Non ! Imaginez simplement ce qu’il peut se raconter, ce qu’il pense du pétrin dans lequel il s’est mis et dans lequel l’ont mis une majorité d’honnêtes citoyens dont il est possible que vous soyez, qui ont voté pour lui, lui ont fait des grâces et qui, aujourd’hui, le vilipendent sans vergogne, lui tournent le dos, le trahissent, comme d’autres le firent avec son prédécesseur, un certain Nicolas Sarkozy, si je ne me trompe, ou encore avec tel ou tel autre et, toujours, en donneurs de leçons, le referont avec les suivants.
N’ayant voté ni pour l’un, ni pour l’autre, ni jamais pour personne est éminemment la preuve que je ne suis pas contre celles et ceux qui font de la politique, bien au contraire. Je l’ai dit et le redis : j’aime les gens qui sont dans la politique, je les soutiens, les respecte, les aime du plus profond de de mon inconscience, en leur clamant haut et fort qu’avec moi ils peuvent dormir tranquilles : jamais je ne voterai pour eux.

« Et les énarques, hein, les énarques. Vous les aimez aussi ? » Vous ois-je me demander sournoisement en vous gaussant plus que ne le fit Carl Friedrich lorsqu’un détracteur stupide avait critiqué sa pertinente démonstration du théorème énonçant que « toute fonction entière rationnelle algébrique d’une variable peut se décomposer en facteurs réels du premier ou du deuxième degrés ».
Où donc avez-vous vu que les énarques faisaient de la politique ? Vous réponds-je sans ambages. Ils font des affaires, certainement pas de la politique. Des affaires, rien que des affaires, encore des affaires, toujours des affaires. Et les affaires, Dieu sait que ça ne passe pas par les urnes. N’est-ce pas ?

Les Roms, ceux qui atterrissent en France, moi je serais eux, je me barrerais vite fait ailleurs, à moins qu’ils tiennent vraiment à danser la valse au grand bal qui se prépare. C’est qu’on en a de grands musiciens joueurs de flûtiau et de cor, prêts à faire danser les Roms comme le faisait notre bon roi Louis le Quatorzième. Qui n’y allait pas avec le dos de la cuiller roms_roulotte_2pour se débarrasser des Roms : les mâles aux galères, leurs femelles –rasage gratis– marquées du sceau de l’infamie, les grouillants, morve au nez, enfermés dans des hospices pour y être exploités et maltraités. Entre Valls, à la baguette –un Iznogoud qui n’a pas les deux pieds dans le même soulier et à côté duquel Sarko est l’incarnation de l’humilité– et notre Marine Nationale –qui se la joue Roland à Roncevaux, preuve qu’elle connaît moins l’histoire que le Horst-Wessel-Lied, l’hymne officiel des SA et du Parti National Socialiste des travailleurs allemands, gentils garçons qui travaillent d’arrache-pied à la restauration de l’ordre (nouveau),– ne manque plus que l’événement qui ouvrira le bal : des élections au doux goût de la haine. Raciale.

Les Roms, je serais eux, je penserais à retourner là d’où ils sont partis ou à se trouver un pays d’Europe moins hostile, à défaut d’être plus accueillant, donc n’importe quel autre que la douce France. Moi, je serais à l’intérieur, je te mettrais ces traine-savates dans un avion, dans des camions bâchés dans un train avec un coup de pied au cul pour leur donner de l’élan, et zou, à l’extérieur ! Ça risquerait de poser problème parce qu’ils sont Européens ? Avec les mêmes droits que les Européens ? Ah bon !

La Déclaration des Droits de l’Homme a beau parler d’égalité, pas sûr que tout le monde en ait la même définition, de l’égalité. L’égalité avec qui, d’abord ? Déjà qu’entre les Européens, ça n’est pas si simple. Européens, moi je veux bien, si on m’explique ce que ça veut dire. Français-européen, ou Allemand-européen, qui est déjà la classe au-dessus, je vois à peu près ; Grecs-européens, c’est déjà pas la même ; mais Roms-européens, ça veut dire quoi ? Puis ceux qui viennent en France vider nos poulaillers et voler nos gosses avec leurs doigts même pas manucurés, ils viennent d’où ? De Roumanie ? De Bulgarie ? S’ils sont Roumains, pourquoi on ne les dit pas tout simplement Roumains ? Et s’ils sont Bulgares, pourquoi ne les appelle-t-on pas Bulgares ? Itou pour les Slovaques, Hongrois, Croates… Et s’ils sont européens, pourquoi le marché du travail, sans lequel ils ne peuvent pas s’intégrer, leur est-il fermé ?

Les juifs, les arabes, les musulmans, faut plus trop y toucher et, question de boucs émissaires, on commençait à craindre la pénurie. Mais ouf ! on a trouvé les successeurs, merci les Roms. Qu’on peut accuser des maux dont on ne peut plus accuser les David, Esther, Aaaron, Ziva, Nathan, Sarah, pas plus que les Ali, Mehdi, Leïla, Sofiane, Yasmine. Alors on les accable, on condamne leur conduite, on les incrimine ces Roms qui nous envahissent, souillent nos villes et nos campagnes. Une terrible horde de 20000 Roms, ce qui en fait, si mes calculs sont bons, 200 par département, bref, une horreur qui doit coûter, entre les opérations de police, les destructions de campements, les travaux de voirie… la peau des fesses aux contribuables. Question idiote : combien y a-t-il de chiens en France ? Que représente la masse de leurs déjections ? Combien leur enlèvement coûte-t-il aux collectivités ? Combien coûtent les dégâts corporels dont ils sont responsables ? Enfin, question annexe, à combien d’euros revient un chien ? Je ne parle pas des chats…

En 1983, la marche des beurs avait quand même fait bouger un peu les chose. Certes, ils représentaient un électorat potentiel, contrairement aux Roms considérés comme étant une sous-race par les Marine Nationale et comparses, ou comme étant incapables de s’intégrer à notre société (mais aptes à se désintégrer) selon Les Valls et affidés –on se place comme on peut–, Roms qui ne risquent en aucune façon de se rendre dans quelque bureau de vote que ce soit, on s’en doute.

Alors à quand une marche des Roms sur la place Beauvau ou l’Elysée ? Avec le soutien des Roms “intégrés” ? Ne rêvons pas et rappelons-nous comment les immigrés juifs de la première génération avaient accueilli ceux de la deuxième. Les Roms d’origine parfaitement intégrés à la société française ne manquent pourtant pas, mais sont-ils prêts à faire leur “coming out” et à dévoiler leur origine… honteuse ?

Comment Rom, terme générique (adopté par l’Union romani internationale lors du premier Congrès international des Roms, en 2002) pour désigner des groupes ethniques hétérogènes malgré des racines communes, a-t-il pu à ce point devenir cette désignation infamante dans la bouche de responsables politiques qui se réclament de la patrie des Droits de l’Homme ?

Moi, je serais Rom, et quitte à faire naufrage, je me demande si je ne préférerais pas être Afghan, Maghrébin, Turc, Africain subsaharien… et m’embarquer sur un vieux rafiot qui coulerait au large de Lampedusa.

Pour tuer le temps et l’ennui, à défaut de tuer autre chose, comme tuer le serpent dans l’oeuf que pondra la poule avant de se le becqueter, car reconnaissant en cet animal hypocrite l’étranger qui viendra bouffer ses prochains oeufs si elle ne veille au grain… pour tuer le temps et me mettre du baume au cœur, disais-je, je me passe en boucle la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
 Aucun doute, ça marche. Et non seulement le temps semble se raccourcir comme un élastique dont on relâche la tension, ou un ressort pour qui en aurait, mais c’est d’un tel désopilant que, l’ayant fait écouter par pur souci d’enrichir sa culture à ma domestique d’origine portugaise, celle-ci a cessé de se faire arnaquer au rayon cosmétique de son hypermarché à acheter sa sempiternelle et chimique crème dépilatoire, crème qui, jusqu’à présent, ne lui a en aucun cas permis d’obtenir une nationalité plus enviable, à l’instar de celle Française qu’on est bien obligé d’admettre comme ne manquant pas de gueule, suffit de voir Marianne, bien autre chose que ma domestique dont je n’ai d’ailleurs jamais réussi à prononcer le nom correctement, ce qui n’a rien d’extraordinaire, le Lisutanien ne se prononçant absolument pas comme il s’écrit, c’est tout dire.  Je n’ai cependant rien contre elle, pas plus que contre la souillon bonne précédente, une Rom à qui j’avais gentiment expliqué (après qu’elle m’eut mis aux ordures une collection de CD Roms),  qu’elle avait vocation à retourner dans son pays.  Il y en a qui ont vocation à se gaver de caviar avec la cuiller en argent qu’on leur a mise dans le bec à la naissance ; d’autres non.  Mal intégrée, donc pas très futée, puisque Rom, je lui avais mi les points sur les i en lui expliquant qu’elle faisait partie du deuxième groupe, gardant pour moi que ce fait m’autorisait d’évidence à défalquer de ses heures de travail, bâclé, celles passées à lui faire entrer certaines notions dans son étroite boîte crânienne.

La DUDDHC, je raccourcis, ce qui me rappelle la douce époque révolutionnaire où, par pur esprit chrétien compassionnel, des sans-culottes parmi les plus acharnés,  donc qui en portaient, étêtaient gentiment et derechef les individus dont la haute taille pouvait indiquer une tendance à une quête de grandeur, leur évitant ainsi tout traumatisme crânien. Ô les braves gens ! La Déclaration etc., avais-je commencé à écrire, dès le 1e article, me fait pisser de rire, ce qui me rappelle les geôles puantes des Montagnards, en 1793 où, noblesse oblige, on mettait à l’abri en des lieux autant secrets que calfeutrés les pleutres à qui la Terreur faisait peur. À en croire les quelques malchanceux qui avaient recouvré l’air libre, désormais disponible à tous, ça en foutait pas une, ça parlottait, ça piaillait, ça jouait, ça pariait, ça rigolait ferme. Je parie que c’est toi le prochain ! Et non, c’était celui qui y disait qui y était. La bosse de rire !
 Depuis, et dans pas mal de contrées de sauvages, on a fait mieux que ces enfantillages, mais même sans aller si loin, on n’est pas si loin que ça de remettre le couvert. Il suffit de prêter l’oreille, je suis heureux il fait soleil, et pourtant, comme le dit Jean Roger Caussimon

Le 1e article. Prêts pour la rigolade ? : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Naître libres et égaux.
« Libres » : la liberté, si je ne m’abuse, implique l’autonomie. Si mes souvenirs n’ont pas été pollués par quelques croyances idiotes, je suis né bébé. Un tout petit machin vagissant sans aucune liberté, car entièrement dépendant des autres et sous leur coupe, y compris, dans mon cas, sous la coupe de la vache du voisin sans laquelle on n’aurait eu que du gros rouge à me donner en guise de nourriture.
« Égaux » :  loin de là, notamment tant que les barres de sécurité dans les bus ne seront pas à la hauteur censée me permettre de m’y tenir : mesurant 1,54m hors tout, je ne peux que m’agripper aux lacets des chaussures montantes de mon voisin que son 1,82m autorise à tenir fermement, et sans les lâcher pour autrui, deux magnifiques barres de sécurité en acier inoxydable. Le phénomène de dilatation que provoquent les étés  torrides n’y changent rien.
« Dignité » : n’arrivant pas à saisir le sens exact de ce mot, il me faudrait chercher dans mes relations quelqu’un qui m’éclaire. Certains politiques pourraient peut-être me coacher.
« Ils sont doués de raison et de conscience » : Tous les êtres humains ? Vraiment tous ? Les nègres, les cocos, les nazis, les khmers rouges, les Berlusconi ? Les Roms aussi ? Pas les Arabes, quand même pas !  Même les juifs ? Ah ! pas tous, me voilà rassuré. Oui, je sais, il y en a qui sont bien, qui ont du boulot, qui gagnent leur vie et tout et tout. Même chez les Roms parmi lesquels il y en a qui sont pleins aux as et qui vivent comme des rois. Paraîtrait même que c’est des rois, des vrais. Des vrais que c’est ni la conscience, ni la raison qui leur manque, parce que pour monter des affaires comme celles qu’ils montent, qui consistent à faire remonter la monnaie jusqu’à eux, sûr qu’il faut s’y connaître question raison et conscience.
« Agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » : C’est bien là ce je fais en inculquant quelques notions de culture dans la caboche tête de mes esclaves bonniches employées. C’est aussi ce que font les états européens les plus riches en aidant généreusement et sans autre intérêt que leur propre intérêt le Portugal ou la Grèce.

Ce 1e article est une bien belle entrée en matière, qui prend tout son sens avec l’article 2, à se rouler par terre :
« Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race » –manquerait plus que ça !–, « de couleur » on n’en est plus là !  , « de sexe » oui, mais y’a quand même des limites, « de langue » ce qui n’est tout de même pas une raison pour enseigner le breton, le basque, l’auvergnat septentrional, et tant qu’à faire, pourquoi pas le Rom, « de religion » tant qu’elle est bien de chez nous et hystérique historique, « d’opinion politique » avec les limites liées à la bienséance et à l’obéissance à l’ordre (nouveau ?) « ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance » cause toujours ! « ou de toute autre situation. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté » -ô délices ! ô joie ! ô félicité ! ô Droits de l’homme doivent clamer en chœur les refoulés de tout poil et plus encore ceux, notamment européens, des Balkans et confins.
Quand je vous disais…

Pourtant ça n’est que le début. Installez-vous sur le trône ou mettez une couche, j’en remets une. Voyez plutôt.
Article 3 – « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » –mouais, à condition qu’on réexpédie chez eux les Roms délinquants.
Article 4 – « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. »
Article 5 – « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». –Raison pour laquelle les campements insalubres des Roms et autres paumés sont bien heureusement détruits. Car vivre dans de telles conditions d’insalubrité, reconnaissons que c’est bigrement dégradant .

Marrant, non ?  Je fais grâce des autres articles, mais conseille de jeter un œil sur le 7e, les 9e, 12e, 13e, 16e, 18e, le 19e (qui me met en liesse), les 22e, 23e, 26e, 27e, 29e.

En toute logique, et à moins que vous ne manquiez cruellement d’humour ou que vous souffriez de la non observance des belles règles édictées par cette DUDDHC, Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen (qui a quelque chose d’une déclaration… unilatérale), vous devriez : soit avoir les cuisses en feu à force de vous les être tapées, soit avoir la vessie vide. Dans quel cas, vous pourrez enlever vos couches si vous avez eu la bonne idée de suivre notre excellent conseil.
Mais peut-être, vous comme moi, avons-nous en réalité tristement ri jaune, jaune pipi, cela s’entend.
Comme j’ai ri jaune lorsque, pour s’attirer les bonnes grâces d’un électorat qu’il manipule pour que celui-ci l’aide à accéder aux plus hautes fonctions, le maître de ballet balai de l’hôtel de Beauvau, usant de stratagèmes empreints de quelque chose qui ressemble au plus trivial des racismes,  est entré en scène pour envoyer valser les Roms. Sous les applaudissements de nombre de spectateurs.

Ras le bol et plein les oreilles de ces artisans qui font du bruit jusqu’à tard le soir et remettent ça tôt le matin, sous prétexte qu’ils ont une commande urgente : un boulot de charpentier et de forgeron. La charpente, je n’étais pas contre, mais se farcir la stridence de la scie qu’un affûteur peu futé a mal avoyée ; les coups de maillet répétés sur le ciseau à bois émoussé qui ne parvient à trancher d’un seul coup les nœuds à cause du mauvais aiguisage d’un aiguiseur aux sens mal aiguisés, qu’une erreur d’aiguillage a dirigé dans cette voie professionnelle pointue où un manchot n’a pas sa place ; la taille à l’herminette sur laquelle ahane un apprenti aux yeux fous de bourreau… merci bien. Mais c’était de la bluette sonore par rapport au boucan infernal qu’avait produit la masse sur l’enclume, le marteau sur le fer, le fer rougi à blanc qu’un gaillard en sueur plongeait dans l’eau qui frémissait à gros bouillons. Marre de ce tintamarre.
Tout ça pour fabriquer quoi, je vous le pose en mille ? Une croix, je t’en foutrais !
Bon, d’accord, c’était il y a longtemps et aujourd’hui, on est passé à autre chose.

Ras les esgourdes et plein la calebasse de ces exécutions en place publique que les autorités, à défaut d’avoir su organiser un quelconque festival, avaient mises en place pour développer l’activité touristique dans le patelin.
Et ne vous imaginez surtout pas que c’était un truc à trois francs six sous. Non, car les spectateurs en avaient pour leur argent, dont je n’ai d’ailleurs jamais vu la couleur ni entendu le doux tintement, contrairement aux organisateurs qui s’en étaient mis plein les fouilles, vous pouvez me croire, l’archéologie, ça me connaît.
Un fameux week-end, ils avaient fait les choses en grand, les organisateurs, des gentils, pas si gentils que ça. Racisme ou pas, c’est un métèque qu’ils avaient raflé, un maniaque asocial, il paraît. La police l’avait filé, avait guetté ses manies à travers le judas, ses moindres faits et gestes. Pas compliqué de trouver quelque chose de bizarre, donc de répréhensible, dans le comportement de l’individu qui se sait suivi, et qui, se sentant suivi ne peut que répondre à ce qu’on attend de lui : se comporter comme un fugitif. Et qu’est-ce qui amène quelqu’un à être un fugitif, si ce ne sont des choses pas très nettes et autres actes malfaisants qu’il a commis ? Le gars en question, ils l’avaient alpagué pour le juger. Facile, car se sachant coupable, et du pire crime qui soit de lèse majesté, il s’était en quelque sorte constitué prisonnier, façon de se tirer l’épine du pied.
Bon, ça date pas d’hier, comme on disait en Égypte, et Allah merci, dont on ne sait ni de qui, ni de quoi, c’en est fini de ces antiques méthodes de sauvages. Les modernes font mieux et le font de façon si expéditive qu’on ne peut regretter ces temps révolus des révolutions de palais, où des olibrius se couronnaient, sous prétexte qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Affiches, tracts, bouche à oreille et téléphone arabe, la billetterie avait été dévalisée en deux temps trois mouvements. Faut dire que l’affiche putassière à souhait avait été d’une rare éloquence. Question pub, on ne fait pas mieux aujourd’hui, et si Internet et les déambulateurs avaient existé à l’époque, sûr que Gaspard, Balthazar et leur vieux pote Melchior seraient venus assister au spectacle avec d’autres grands de ce monde d’alors.
Ah, la belle époque où les exécutions se déroulaient en place publique !

Dès l’entrée en matière (tableau 1 : « Pris sur le fait », mais quel fait ?), la foule s’était bruyamment et civiquement exprimée : « Salaud, métèque, crapouilleux, crapule, aux chiottes, retourne dans ton pays, sale nègre, nique ta mère ». Au VIe tableau (“flagellation et couronnement d’épines”), la foule s’était déchaînée contre le pauvre hère enchaîné. Au VIIIe tableau, les forces de l’ordre avaient dû contenir des éléments en colère qui huaient violemment un stupide inconscient désireux d’apporter de l’aide au condamné. « Il a rien fait, le bougre », avait-il gueulé. « Mais si, mais si ! » avait éructé la foule avant de lancer à son adresse : « Vendu, sale traître, les cocos au pilori, gougnafier ». Lequel inconscient, selon les autorités, avait été placé en garde à vue. Pour sa protection. 
Le clou du spectacle ? La mise à mort de l’infâme, plus crucifiction que crucifixion. Avec les clous volontairement grossiers, mais habilement forgés pour qu’ils présentassent maintes épineuses échardes aptes à transformer en charpie la chair juteuse des mains du supplicié. Un triomphe, une exultation, une liesse joyeuse auquel le tohu-bohu vite calmé de quelques agitateurs réfractaires au bon ordre ne fit rien. Les grandes douleurs qu’éprouvent les condamnés émoustillent ceux qui ne le sont pas : rapidement ils taisent leur silence coupable pour se laisser aller à la joie d’être du bon côté, celui des juges, du bon droit et de la côte d’agneau aux flageolets ou du couscous royal. Quel vacarme, quelle clameur, qu’un son et lumière hors pair joint à des effets spéciaux dantesques avaient fait redoubler d’éclat. Bref, un joyeux bordel.
Avec l’épisode pleureuses (XIIe et XIIIe tableau), je n’avais échappé à l’infarctus que grâce à des boules Quiès habilement manufacturées à base de cire d’abeille, promptement introduites dans la bouche des mère, maîtresse et comparses du supplicié. Si les décibels avaient certes baissé d’un ton, je n’avais pas pour autant réussi à renouer avec le silence auquel tout un chacun a le droit pendant le week-end.
Et si, pris d’une volonté expiatoire, il avait pris au condamné la fâcheuse idée de prolonger son agonie, ou, résultat similaire, si un des bourreaux, par taquinerie, s’était ingénié à ne porter aucun coup fatal dans l’instant ? Horreur !

Cette aventure m’avait tué. Aussi, et les pouvoirs en place n’ayant nullement l’intention de perdre les subsides qu’occasionnaient ce type de spectacles, j’avais décidé de passer, désormais, mes longs week-ends dans un coin tranquille de ce qui deviendrait, beaucoup plus tard, le département de la Loire, où avec Ponce, un romain, ami de longue date, qui possèdait une villa sur les pentes du crêt de la Perdrix (un coin d’où il tire son patronyme), nous pensions élaborer un projet touristique autrement intéressant. Comme moi, il ne supportait pas plus le vacarme des ouvriers, les piaillements de la foule excitée et les cris des suppliciés, cependant moins que le fait de ne toucher aucun subside lié au spectacle des exécutions. Pour le lieu, on avait pensé aux Balkans, ses vastes plateaux, ses étés torides, la tenue exemplaire des autochtones qui ne braillent ni n’applaudissent à tout va et à tout rompre, notamment le silence. Ou quelque part du côté de l’Égypte, de la Libye ou de la Syrie, régions cependant moins boisées, ce qui en faisait un deuxième choix, bref, autre chose que la Palestine, pays de braillards indisciplinés. 
Les années 90 et celles qui suivraient nous paraissant comme étant promesses d’excellents crus, nous avions topé là.