Pauvres et riches, Noël

Publié: 22 décembre 2015 dans condition humaine, Noël, religion
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— Les pauvres, si ils sont pauvres, c’est qu’ils l’ont bien voulu.
— Je suis d’accord, c’est pareil pour les riches, si ils le sont, c’est qu’ils l’ont bien voulu. Et ceux qui sont ni riches ni pauvres ?
— C’est qu’ils savent pas ce qu’ils veulent. C’est comme pour la santé. ceux qui sont en bonne santé, c’est qu’ils le veulent bien. Et ceux qui y sont, à la Santé, c’est qu’ils l’ont bien voulu. Ou alors, ils l’ont bien cherché, c’est tout.
— Mais si je prends mon cas, par exemple, que je connais, depuis le temps. C’est pas que je veux pas être riche, au contraire, et encore moins que je veux être pauvre, mais j’ai beau eu faire, j’ai jamais réussi à rouler sur l’or. C’est pas que je me plains, mais ça me gênerait pas de rouler sur l’or, voilà tout.
— C’est que tu vis dans un quartier pourri, et c’est pas dans un quartier pourri que tu risques de rouler sur l’or. Pis d’abord, avec ta caisse pourrie, t’as aucune chance qu’on te laisse passer chez les rupins, là où c’est qu’on roule sur l’or. Pour te dire, chez les rupins, les pères Noël, tu leur tends la main et ils te refilent cent balles. Ici, tu leur tends la main… C’est idiot c’que je dis, y’a pas de rupins ici. Ici, le père Noël, tu lui as pas tendu la main qu’il t’a déjà chouravé ta breloque.
— Je m’en fous, j’ai pas de bagnole. Pas de montre non plus. Pis ce que tu dis, ça dépend des pères Noël.
— ?
— Y’en a des vachement sympas. L’autre jour, pour te dire, j’en croise un. Un vrai, je pense, à cause qu’il causait pas comme nous alors que les bidons c’est comme nous. Un barbu dans un grand manteau, comme ceux qu’on voit d’habitude. T’as pas cent balles ? je lui ai demandé. Il m’a emmené chez des potes à lui. Des mecs qu’on aurait dit aussi des pères Noël, question barbe, mais pas question couleur, à cause que leurs robes étaient noires ou marron ou je sais pas.
— Mouais, et après ?
— Ils m’ont refilé des pâtisseries et du thé, à me gaver comme un porc.
— T’as bu le thé ?
— Parce que j’aurais une tronche à m’enfiler du thé ? C’est dégueulasse, ce machin. Mais les plantes, elles, elles ont pas rechigné.
— Et après ?
— C’est tout. Ils m’ont juste invité à revenir, qu’ils me refileraient du pognon et tout. Noël, ils m’ont dit, c’est des conneries et du fric foutu en l’air. Je leur ai dit que du fric, j’en avais pas, et que je risquais pas de le foutre en l’air. Justement, ils m’ont répondu, justement. Pis y’en a un qui m’a fait tout un baratin sur le partage, que les pauvres, eux ils les aidaient , et tout.
— Tu y es retourné ?
— Non.
— C’est bien ce que je disais. Pour être riche, faut le vouloir. Du coup, tu fais quoi pour Noël ?
— Le Père Noël, devant le Prisu.

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