Santé : des recommandations alimentaires à la con

Publié: 3 décembre 2014 dans commerce, intox, santé, société
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Puisqu’on nous prend vraiment pour des débiles, à quand la recommandation de manger des pesticides ? Qui aurait au moins l’avantage d’être honnête.

Liste des courses en poche, me voilà rendu dans mon magasin –préféré, car le seul dans un rayon de 30km. C’est l’unique épicerie du coin –bar-tabac-journaux – droguerie-quincaillerie – bazar – resto – agence postale – et lupanar à l’occasion– depuis que les supermarchés ont fait des petits. On n’y dit pas encore la messe, mais ça viendra.
Première halte au comptoir. L’heure matinale –11 heures– poussant à la sobriété, mon choix se porte sur un vichy-fraise. J’ai arrêté le vichy-menthe à cause de problèmes cardiaques. Émule de Humpty Dumpty, un œuf dur me tend les bras, que j’avale avec deux trois cornichons. Gagné le rayon de la charcutaille, et le temps de tailler la bavette avec la jolie cochonne qui fait office de vendeuse, je prends un chapelet de pormoniers plus une tranche de fromage de tête persillé à souhait. Rayon crèmerie, je me satisfais d’un fromage de chèvre à l’ail et aux fines herbes. Avant d’y revenir pour des Petits Suisses et une tranchinette de Beaufort que j’ai failli oublier, ce qui aurait été un quasi crime de lèse majesté pour la sauce des pormoniers.
Un coup de molle me ramène au comptoir. Il est 11 heures 15, heure solennelle de l’apéro. Je démarre léger avec un Abymes. Je ne suis pas contre ceux qui y mettent une petite coulée de crème de mûre, mais faut être sérieux et reconnaître que la mûre, ça te prend une autre gueule avec une Mondeuse d’Arbin ou un Boudes, un vrai Boudes, cela s’entend. Je commande un verre de chaque et me les enfile gentiment derrière deux rondelles de sauc’ maison, aux noisettes. Les préliminaires étant faits, je commande un Bloody Mary qu’on me sert saturé de sel au céleri, on a ses habitudes, et faut pas revenir dessus quand elles sont bonnes. Amandes et noix de cajou achèvent le colmatage.

20 heures. Fini le souper, Tüüüüüüüüüüüüwiii gueule l’alarme qu’on m’a greffée dans le tréfonds en même temps que la puce de santé, tous deux objets si intelligents que lorsqu’ils se rappellent à la mémoire devant témoins, on a l’air encore plus con que d’habitude. Et ça se met à me servir l’habituel discours : Sauf erreur de notre part, vous n’avez pas ingéré l’ensemble de vos 5 légumes, ni vos 3 produits laitiers (pour la vie) journaliers obligatoires, selon le code de la Santé Publique. Vous disposez de 60 minutes pour compléter votre alimentation. Passé ce délai, vous serez sanctionné et privé de vos droits civiques.
Mon cul ! Leurs 5 légumes et fruits, un peu que je les ai ingérés. Notes de caisse en main, je fais le décompte : fraises du vichy-fraise – mûres du communard – raisin du pinard – noisettes du saucisson – amandes et noix de cajou du Bloody Mary – tomates, olive et céleri du même – poireaux, blettes et épinards des pormoniers – persil du fromage de tête – ciboulette et ail du fromage de chèvre. Voilà pour les fruits et légumes. Quant aux produits laitiers (pour la vie), entre le fromage de chèvre, les Petits Suisses et le Beaufort des pormoniers, ça fait trois, si je ne me trompe pas. Et je ne compte ni le Lait de poule quotidien que m’a ordonné le toubib pour me requinquer, au cas où, ni la barre chocolatée –une horreur !– que mon petit fils a tenu à me faire goûter, et ni même l’œuf dur de ce matin.
Si je rajoute le fromage qu’ils me font avec leurs conneries, je crois que le compte est bon.

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commentaires
  1. Martine Alix Coppier dit :

    Les 5 fruits et légumes par jour, c’est dur à avaler et ça ballonne si on prend, par exemple, un melon et une salade en entrée, une courge et un chou-fleur en plat, et une pastèque et un ananas en dessert. C’est qu’on ne nous a pas dit en quelles proportions on doit les ingurgiter !
    Quand aux produits laitiers, ce sont, d’après la pub, nos amis pour la vie. Alors, si vous voulez garder vos amis ad vitae…
    Vive les pesticides, les fongicides, les insecticides, les nitrates de nos fruits et légumes, et l’appauvrissement de leur qualité nutritive ! Ils nous font du sang de navet et perturbent nos cellules.
    Et merci pour les hormones de croissance et les antibiotiques dans le lait, sans compter un grand merci à ces pauvres vaches qu’on force à produire et qui sont vachement traitées et traites. Qui peut encore croire que le lait est en tête de liste pour produire le calcium nécessaire à l’organisme ?
    Il vaut mieux en rire. Et il vaut mieux aussi garder l’esprit critique sur ce qu’on ingurgite et les méfaits des publicités. Car on gobe plus de pubs, de bobards et de saletés qu’on avale de bons aliments.

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