Se faire prendre en otage n’est pas particulièrement agréable, mais se rendre compte que les armes des preneurs d’otage proviennent, entre autres, de pays d’où sont issus les otages, est fortement déplaisant. D’autant si un parent, ami ou simple relation de la victime travaille dans l’industrie de l’armement. Après il n’y a plus qu’à attendre son exécution ou sa libération  soumise à quelques menues conditions, osent dire de mauvaises langues. Libération contre quoi ?
Notamment si elle est filmée, l’exécution d’un ressortissant d’une démocratie occidentale déclenche émoi et protestations, réactions sans commune mesure avec celles qui suivent les menus dérapages des armées occidentales comme certaines frappes vaines et hasardeuses, par avance absoutes au nom de cette notion bien pratique de pertes collatérales. Frappes qui jouent la grande faucheuse auprès de populations civiles le plus souvent innocentes. Sans commune mesure non plus avec ces images qui nous ont montré, il n’y a pas si longtemps, la cruauté imbécile, les vexations et humiliations que certains de nos chers défenseurs du bien ont infligées à des prisonniers, nécessairement hérauts du mal, sans raison autre que la déraison, la bêtise et le plaisir, quel plaisir !
Il y a plusieurs façons de tuer  : le couteau de boucherie en est une ; la non reconnaissance, le mépris de l’autre et son humiliation en sont une autre. L’une est perçue comme étant ignoble et pratiquée par des barbares, l’autre est considérée comme n’étant qu’une simple bêtise commise par d’irréductibles idiots que les conditions de guerre ont traumatisés, les malheureux. On n’en parlera que le temps d’oublier qu’ils étaient sous les ordres de supérieurs hiérarchiques au demeurant peu inquiétés.
On égorge bien les cochons. Ces “porcs d’étrangers infidèles”, pourquoi alors  les djihadistes, ne les égorgeraient-ils pas comme on égorge un cochon ? Nos chères démocraties ne les ont pourtant pas attendus pour manier le couperet pendant des siècles et faire ouïr le doux bruit de la guillotine à des milliers de spectateurs souvent ravis, tels ceux qui, en France, assistèrent à la dernière exécution en public en 1939, spectacle populaire qui, par ailleurs, fut fixé sur pellicule. Les firmes commerciales d’alors, ne prenant pas toute la mesure de l’opportunité qui s’offrait à eux en terme de pub, ne profitaient pas de la popularité des exécutions pour vanter leurs produits. Contrairement à celles d’aujourd’hui, comme ces médias dont le comportement n’a rien à envier à celui des charognards.Quel dommage pour Dubo Dubon Dubonnet, Michelin, Baignol & Fargeon, Castrol, Massey Ferguson, mais quelle chance pour les feuilles de chou, les radios et les télés.
Aujourd’hui, plus que l’événement lui-même, c’est le buzz médiatique qui compte, buzz d’autant plus marquant que le gore s’invite. Les crimes passent, d’âme ou de sang, suivis de nouveaux crimes qui éveillent de nouveau l’intérêt des foules, jusqu’à ce que celui-ci s’émousse avant de se renouveler pour une nouvelle horreur, vendeuse.

Alors quoi ? Prions mes frères ?

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