Dieu m’est apparu. Sous la forme d’un Qvσckšwl (ça se dit comme ça s’écrit, mais il vaut mieux ne pas le prononcer ) ni grand, ni petit ; ni mou, ni dur ; ni carré ni pointu (pour les connaisseurs de cette poésie sans pareille qui commence par cette mémoriable introduction : Chasseur as-tu vu ? Mais, me direz-vous, âpres à vouloir des précisions, et impies que vous êtes, à quoi ressemble vraiment Qvσckšwl ? Sérieusement, à quoi voulez-vous qu’il ressemble, si ce n’est à Dieu lui-même (ou soi-même) en personne ? Mettez Dieu face à un miroir, ou plutôt, priez-le qu’il s’y mette. Quelle image le miroir renvoit-il ? Celle de Qvσckšwl. Ce Dernier, façon stupide de parler, se mirant, donc se reluquant dans ce même miroir, puisqu’il n’y en a qu’un, y voit l’image de Dieu, donc la sienne. Et, bien que Dieu n’ait pas plus de vice que le miroir de bonne qualité –un Saint-Gobain fabriqué en Chine– allez savoir s’il ne se trouve pas à Son divin goût. Car Dieu ne doute de rien.

Folie que cela, m’opposerez-vous. Ben voui. Je ne suis pas contre, car Dieu est folie, celle de pouvoir imaginer l’imaginable autant que l’inimaginable, c’est dire.

Bon. Qvσckšwl m’est apparu. Pas seulement sous une forme vidéo, mais aussi audio. Et que m’a-t-il révélé, le Bougre ? Que j’étais un de ses nombreux prohètes : le dernier. Donc celui le plus au courant, le plus au jus, le plus à même de détenir la vérité (qu’il tient de Lui), et comme la vérité est aussi mouvante que les sables du même nom, il est bien évident que le dernier qui a parlé ayant raison, c’est parce qu’il est habité de Raison (avouez que mon R majuscule ne manque pas de gueule! C’est ça, le signifiant).
Ô toi, mon nouveau prophète, m’a-t-il dit, voilà ce que en Mon Nom, tu vas annoncer aux hommes, et voilà comment en Mon Nom éternel, tu vas bidouiller tout ce qu’il faut pour que, en Mon Nom, ils fassent exactement et à la lettre ce qu’il faut pour te satisfaire.

Je n’entrerai pas dans les détails, action qui suppose quelques capacités physiques que mon âge, au cœur de l’hiver ne peut permettre, mais en substance et en gros, dont je vous laisse faire détail, voici ce qu’Il m’a glissé à l’oreille de Son souffle divin un chouïa haletant et fleurant plus ou moins bon les vieux livres dont se délectent les moisissures qui, en un merveilleux bouquet d’un bleu moins azuréen que celui de la peau d’un maquereau défraîchi, exhalent leur pestilentielle et létale haleine. Dont Dieu se moque comme de l’Alcoran1 comme de sa première communion : éternel il est, éternel il sera pour l’éternité.

Mais plutôt que me perdre en divagations certes intéressantes, mais longuettes, j’en viens à ce qu’il m’a dit et que j’ai recopié, langue pendante, sur mes Tables de la Loi.
Primo, et dès lors, jamais plus il n’y aura de secundo. Ceci est la règle première que chacun devra observer s’il ne veut pas passer à la gégenne géhenne. Secundo…
Couillon comme pas possible, je lui fais remarquer qu’il n’y a aucune raison qu’il y ait deux poids deux mesures.
Toussotement. Et comment pèserai-je les âmes ? Me rétorque-t-il, à juste titre, un jaja d’enfer en main, dépassant allègrement les 15°, contenu dans un godet de cristal d’or, matériau là-haut moins rare que la connerie.
Ascouze mi, lui ai-je répondu. Désolé. Je suis tout ouïes et, comme la carpe qui se la ferme, je clos (du verbe clore) mes lèvres, les soude plus fort que ne le ferait une lessive.
Plus de secundo, reprit-il, mais un tierço.
C’est pas plutôt tertio, qu’on dit ? L’ai-je interrompu, regrettant aussitôt de l’avoir fait.
Certes, a-t-il admis, reconnaissant en cela le bien fondé de l’excellent choix qu’il fit en m’appelant. Tertio donc :
a) nul de devra me représenter par quelque moyen que ce soit, numérique, peinturluresque, chansonnesque, ou sous la forme d’un quelconque art statuaire, et surtout pas s’il fait appel à la technique primitive du colombin. On est de son temps ou pas, et Je le suis, étant de tous les temps. Si on me représente classe et en majesté, je dis pas, mais faudra y avoir mis le paquet. Et tant qu’à faire, si ça n’est pas pousser le bouchon trop loin, je préfère qu’on croque mon profil gauche.
b) Afin de pouvoir se découvrir pour mieux me saluer, chacun devra porter une coiffe : un entonnoir pour les hommes, un pot de chambre fleurs zébre pour les femmes. La coiffe des prêtres devra être à Mes couleurs, je ne transigerai pas.
c) Cantiques et louanges devront être chantés ou dits en Si bémol majeur par les seuls vierges et puceaux de plus de 40 ans. Les grands prêtres seront habilités aux vérifications qui s’imposent.
d) La pratique de la lapidation sera réservée aux Grands Pervers, une caste issue des Grands Prêtres qui devront les désigner par cooptation, comprenne qui pourra. Ils percevront des émoluments sous forme de vierges et puceaux à choisir parmi les élus qui se seront sacrifiés pour la bonne cause, la Mienne, que tu pourras épouser en Mon Nom.
e) Les rapports sexuels voués à Moi-même et à mon représentant sur terre, je veux dire Mon Prophète bien aimé, donc toi-même, ne seront admis que sous réserve du Patron, donc Moi-même, en collaboration avec Mon bien aimé Prophète qui délèguera son droit auprès des Grands Prêtres dans le cas où ses appétits sexuels seraient amoindris. Les progénitures issues de ces rapports n’auront d’autres chose intelligente à faire que procéder à mon adoration et exécuter les tâches, notamment domestiques, confiées à eux par les dominants : Grands Prêtres et autres hypocrites.
f) Ayant d’autres chats à fouetter, je confie à mon bien aimé et sublime Prophète, en l’occurence toi-même (Il parle de moi) la tâche d’édicter les autres règles, en Mon Nom et à son profit, qu’il pourra partager avec les élus de son choix qui lui devront allégeance. C’est ainsi, j’ai dit.

Sur ce, Qvσckšwl m’est disparu, forme qui peut surprendre, mais qui n’est pas plus couillonne que celle qui consiste à dire « Qvσckšwl m’est apparu ».

Investi de cette lourde tâche qui m’incombe, je me suis enfilé deux verres de Raki, boisson œcuménique s’il en est, un autre de Gωenruçtìne (prononcer groroujkikolmat), un alccol divin qu’on ne sert que dans les bistrots bon chic bon genre de l’Eden, puis une petite pucelle qui se la jouait farouche, ignorant l’insigne honneur que je lui faisais. Petite gourde !
Transcendé, j’ai armé ma Kalachnikov et suis allé me farcir quelques impies infidèles. Le pied.
Une fois apaisé et reposé, j’ai planché sur les règles g, h, i, j, k, etc. à édicter. Arrivé à la lettre Q, j’ai su ce que j’avais à faire. Je suis passé directement à X, et là, autant vous dire que l’inspiration m’est venue.

……………………………………………

1. La vraie expression, dont le sens est « s’en battre les balloches » est en fait « s’en moquer comme de l’en-cas rente ». En effet, dans le XVIIIe (siècle, pas arrondissement), les voyageurs avertis (par qui, on ne l’a jamais su) ne prenaient jamais le train sans de bonnes provisions de bouche (en-cas), se constituant en fait une véritable rente alimentaire. En ces temps de disette, cela leur permettait de claironner qu’ils s’en moquaient comme de l’en-cas rente. 
« S’en moquer comme de l’Alcoran » procède donc d’une infdèlité à la réalité histérique historique, ainsi qu’à un manque total du plus élémentaire bon sens. Alcoran ne veut rien dire, comme d’ailleurs l’ont mis en évidence d’éminents linguistes occidentaux. (je sais, cela va de soi, d’où la biffade –du verbe biffer–)

 

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