Ça tremblemente de terre, ça tsunamise, ça érupte, ça inonde, ça avalanche, ça brûle, ça tornade et ça fait du beuze, du buzz, du ramdam, du patacaisse, du foin pour les ânes. On le filme, on l’écrit et on le ré-écrit jusqu’à la crampe, on vidéote, on photonumérise, on en cause, on s’en émeut, on lâche quelques malheureux sous, on soupire, on chiale, on enterre.

Ça bombarde, ça tiraille, ça gaze, ça brûle, ça coule, ça naufrage, ça exécute, ça meurtrit. On le dit, on le dénonce, on prend des mesures avec un double mètre, bien suffisant, on scie les planches, on les cloue, on y met les corps, on pleure, on inhume, on s’enrhume –il faisait un froid terrible–, on n’en dormira pas, pas trop. On en fera peut-être des cauchemars. Ça  subit la pression, ça subit l’oppression, ça se résigne, puis ça murmure, ça crie, ça parlemente, ça gueule, ça hurle, ça se révolte, ça se bagarre, ça s’offre en sacrifice, ça se décore, ça se libère une fois dix pieds sous terre ou parti en fumée. On tousse, pas tout le monde.

Ça communique, ça presse écrite, ça presse parlée, ça presse. On n’a pas le temps, pas le temps de sécher les pleurs ou de palper les dividendes.  Ça piaille, ça twitte, ça facebookise, ça webcam, ça dicte, ça ordonne, ça exige, ça commande de passer à autre chose… L’holocauste n’attend pas, ni le séIsme, ni le damné qui crève dans la rue parce qu’on l’a jeté à la rue, ni l’opprimé, ni le vaincu, ni le fou qui justifie notre raison, notre bonne raison qui nous fera l’enfermer, ni le mendiant qui te crache à la face sa haine de vivre sa chienne de vie, ni…

Après les corps offerts à l’oubli, les larmes aux mouchoirs ou le pognon aux portefeuilles, on passe à autre chose, à cette attente impatiente que d’autres drames surviennent, histoire de passer le temps, d’oublier le temps, d’oublier. Ce temps qu’on n’a plus.
Et profondément, très profondément, plus rien ne nous atteint. Mais par Dieu de misère, que d’événements nous émeuvent !

 

 

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commentaires
  1. A Ella, à Jean-Paul, à je ne sais qui, à propos de je ne sais quoi… Si, à propos de ce « j’aime » qui donne ce sentiment d’être nourri. Merci.

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