Vive l’Euro 2012, vive l’Ukraine, vive ses forces de l’ordre, vive la démocratie et vive le football ! Mais aux chiottes l’Arbitre.

Si Sarko ou Hollande disparaissaient, qui en bénéficierait ? C’est notre Marine nationale, m’étais-je dit en m’endormant la conscience quelque peu agitée. Car je m’imagine qu’en un tel cas, avec cette logique qui me caractérise et que d’aucuns m’envient, c’est le troisième arrivé au premier tour de qui jouerait le remplaçant. Ben merde alors !

Si Hollande faisait le coup du père François à Sarkozy, il y aurait de fortes chances qu’il dame le pion à la fifille du Jean-Marie. Et le pire, pour la droite, c’est qu’un paquet de gars de l’UMP voteraient, par défaut, pour cette rose abomination aux épines tétanosgènes. Ce qui nous ramènerait quelques années en arrière, quand les jospinades s’étaient terminées en trafalgarade.
À supposer maintenant que le vain vaniteux Nicolas fasse disparaître, comme par enchantement pour lui et désenchantement pour sa victime, le gars François, ce ne serait pas la même, parce que va savoir s’il n’y aurait pas des paquets de voix de gauche qui se reporteraient sur la miss Le Pen, juste histoire de rigoler et de voir la tronche de Sarko se décomposer. Notre Marine nationale, chancre chantre du nationalisme et digne réincarnation de Jehanne, dont le visage avenant s’illuminerait, à l’instant de l’annonce des résultats électoraux, de cette même joie ineffable que celle qui éclairait la Pucelle brandissant son étendard lorsqu’elle chantait pouilles aux albionnes oreilles.

J’en étais là de mes hautes pensées lorsque j’avais reçu un premier coup de fil :. Sarko, en personne, me demandant si je ne pouvais pas faire un petit quelque chose pour que Hollande passe l’arme à gauche. J’aurais dû m’y attendre, ma réputation d’acupuncteur ayant dépassé depuis longtemps les limites territoriales de mon département, l’Indre et Cher, dans cette berrichonne région qu’est le Berry. C’est auprès d’un grand maître, descendant en ligne directe de Merlin (l’enchanteur, pas l’électricien ; pas plus que le monarque qui fait plutôt dans le bricolage et la déco) que j’ai obtenu mon master d’acupuncture, aux ides de mars, mois du dieu du même nom qui ne fait pas dans la dentelle. En moins de temps qu’il n’en faut pour rendre son bulletin de vote quand on reçoit un exocet dans le fondement, j’avais réussi à rectifier les quatre vaches d’un voisin dont les beuglements m’indisposaient. Un vrai jeu d’enfant, si je mets de côté les effigies en paille et chiffon qu’il m’avait bien fallu confectionner, et le fait que, n’ayant pas d’aiguilles, car refusant de partager ma vie avec une bonne femme, je m’étais rabattu sur de vieux clous rouillés dont j’avais retaillé la pointe qu’un usage vulgaire avait émoussée. J’en profite ici pour signaler que la rouille décuple le pouvoir létal d’une aiguille, à défaut d’un clou, le gain de productivité avoisinant les 68,95%, à une vache près. À l’époque, la réglementation imposée par l’ordre des acupuncteurs interdisait que l’on fit usage d’êtres humains pour se faire la main lors des travaux pratiques, mais aussi  lors des examens.
Ton prix sera le mien, m’avait dit le Président qui avait insisté pour que je l’appelle Nico. Entre crapules, y’a pas de raison de faire des chichis, avait-il rajouté.
Je lui avais demandé un temps de réflexion, inspiré sans doute aucun par cette petite voix responsable de la certaine aisance dans laquelle je vivais et qui, moult fois, m’avait permis de réviser mes devis à la hausse. Dring dring dring avait fait par trois fois la sonnerie du téléphone. Au neuvième dring j’avais décroché, sachant par avance qui s’annoncerait, et dont je juge inutile de préciser son nom puisque vous aurez deviné de qui il s’agit.

— Salut, c’est François. François Hollande. Ça va ou bien ?
— Dès que j’aurai déconnecté l’autre zig qui nous écoute, ça ira. C’est fait, me dis pas pourquoi tu m’appelles, je le sais, j’ai mes sources au plus haut niveau. Combien tu proposes ?
— Le double.
— Je te demande un temps de réflexion. Je te rappelle, à plus.

Je les ai rappelé tous-deux et les ai pris en duplex. Histoire de me marrer, Sarko dans l’oreille gauche, Hollande dans l’autre. Leur philosophie n’étant pas si éloignée, ça ne changeait pas grand chose. 
Les enchères, faut pas dire, c’est pas couillon. Le plus offrant aura ma préférence, je leur ai dit en leur donnant mon numéro de compte dans une banque de la confédération helvétique dont je tairai le nom par courtoisie et par sympathie pour les nantis. Précision : ils devaient alimenter mon compte au fur et à mesure que montaient les enchères.

Si ça a marché ?
Un peu, mon n’veu. Je n’ai jamais vu ce genre d’opération ne pas fonctionner. Ce qui fonctionne à titre individuel fonctionne tout aussi bien à titre collectif. Et vice-versa.
Si j’ai eu des problèmes avec la justice ? Manqerait plus que ça. Tu les imagines l’un et l’autre porter le pet auprès d’un tribunal ? Allons, allons…
Lequels des deux j’ai dessoudé en transperçant son effigie ? Aucun, c’te blague. Les vaches à lait, c’est comme les poules aux œufs d’or ou le coq de la basse-cour : faut veiller au grain, les cajôler, les encenser, les vénérer, les flatter, c’est tout. C’est comme ça qu’on se fait une réputation, un job et des couilles en or. 
Si je vais accepter le poste de ministre qu’on va me proposer ? Faut voir, parce que j’admets que ça demande réflexion.

Ne sachant vraiment pas pour qui voter, je m’en suis référé à Dieu, qui toujours m’a été de bon conseil, surtout quand je faisais brûler un cierge en son honneur, dans l’église de mon quartier. Attention, hein, pas un cierge à deux balles.

— Allô… Dieu ?
— Soi-même en personnes : le père, le fils, le saint-esprit. Pour une question concernant la vie après la mort, tapez 1. Pour une question concernant la mort après la vie, tapez 2. Vous avez un problème d’accès ? Tapez 3.
Si votre question concerne la vie sur Terre avec toutes ses interrogations, tapez 4.

J’ai tapé 4.

— Si votre question concerne vos revenus, tapez 1. Si votre question concerne votre vie affective, tapez 5. Si elle concerne les élections présidentielles en France, tapez 0. Pour toutes les autres questions, tapez 2, 3, ou 4. Dieu saura de quel thème il s’agit.

Mon questionnement concernant les élections, j’ai tapé 0.

— Veuillez patienter, on vous passe le service.

Étant plutôt patient, j’ai patienté, au son d’une musique céleste : harpe, trompettes de la renommée, triangle et luth de classes. Moins de vingt minutes plus tard, et mes crédits presque épuisés, j’ai eu Dieu en direct. 

— Allô… Dieu ?
— En vérité, je vous le dis, c’est Lui-même. Posez votre question.
— C’est à propos des élections…
— Je n’en doute pas, brebis égarée, car à moins que vous n’ayez fait une erreur de manipulation, vous avez tapé 0. Je vous écoute, mon enfant.
— Voilà : je dois voter dimanche, et les affres m’ont pris ; je ne sais à qui donner ma voix, donc quel papelard glisser dans l’urne. Je pense à Sarko ; dérive sur Hollande ; trouve Mélenchon intéressant ; voterais bien pour Marine Le Pen, à cause qu’elle me fait penser à Jeanne d’Arc, mais en moins pucelle ; ne dénigre pas Bayrou ; ai une certaine affection pour la mère Joly à cause de ses lunettes vertes dont j’avoue être un peu jaloux ; et ne serais pas contre…
— Oui, oui, ça va ; je suis pas débile, j’ai compris. Vous seriez pas un peu Gémeaux ?
— Si fait. Gémeaux ascendant Sagittaire, Lune en Balance, etc. Mais si je ne m’abuse, vous le savez mieux que moi. Gémeaux, ascendant Sagittaire : comprenez mon désarroi. Bon, c’est pas le tout, mais les unités défilent, et on ne va pas y passer l’éternité. Alors, pour qui me conseillez-vous de voter ? 

Crrrrr… shhhhh… Brrrrr… Crrrrrrrrr…

— Et merde, je vais entrer dans un tunnel, Le Tunnel. Désolé, veuillez rappeler ultérieurement. 

J’ai recomposé le numéro à plusieurs reprises. Au bout d’une heure, une voix à la con, genre hôtesse de l’air, avec plein d’écho, m’a signalé que mon correspondant n’était pas joignable.J’ai retenté le coup le lendemain, dimanche matin. La même voix m’a annoncé que le numéro demandé n’était plus attribué. Ou pas, je ne sais plus.

Je le dis tout net : j’en ai ras le bol et plein les oreilles de ces artisans qui font du bruit jusqu’à tard le soir et remettent ça tôt le matin, sous prétexte qu’ils ont une commande urgente. Un boulot de charpentier et de forgeron. La charpente, je suis pas contre, mais se farcir la stridence de la scie qu’un affûteur pas futé a mal avoyée ; les coups de maillet répétés sur un ciseau à bois infoutu de trancher d’un coup les nœuds à cause du mauvais aiguisage d’un aiguiseur aux sens mal aiguisés, qu’une erreur d’aiguillage a dirigé dans cette voie professionnelle pointue où un manchot n’a pas sa place ; la taille à l’herminette sur laquelle ahane un apprenti aux yeux fous de bourreau… merci bien. Mais c’est de la bluette sonore par rapport au boucan infernal que produit la masse sur l’enclume, le marteau sur le fer, le fer rougi à blanc qu’un gaillard en sueur plonge dans l’eau qui frémit à gros bouillons. Marre de ce tintamarre.
Tout ça pour fabriquer quoi, je vous le pose en mille ? Une croix, je t’en foutrais !

Et j’en ai aussi ras les esgourdes et plein la calebasse de ces exécutions en place publique que les autorités, à défaut d’avoir su organiser un quelconque festival, ont mises en place pour développer culture et tourisme dans le patelin. 
 Et ne vous imaginez surtout pas que c’est un truc à trois francs six sous. Non, car les spectateurs en ont pour leur argent, dont je n’ai d’ailleurs jamais vu la couleur ni entendu le doux tintement, contrairement aux organisateurs qui s’en mettent plein les fouilles, que c’en est une honte, vous pouvez me croire. 
Ce week-end, ils ont fait les choses en grand, les organisateurs, des pas vraiment gentils. Racisme ou pas, c’est un métèque qu’ils ont raflé, un maniaque associal, il paraît. La police l’a filé, a guetté ses manies, ses moindres faits et gestes. Pas compliqué de trouver quelque chose de bizarre, donc de répréhensible, dans le comportement de l’individu qui se sait suivi, et qui, se sentant suivi ne peut que répondre à ce qu’on attend de lui : se comporter comme un fugitif. Et qu’est-ce qui amène quelqu’un à être un fugitif, si ce n’est des choses pas très nettes et autres actes malfaisants qu’il a commis ?
Affiches, tracts, bouche à oreille et téléphone arabe, la billetterie a été dévalisée en deux temps trois mouvements. Faut dire que l’affiche putassière à souhait était d’une rare éloquence.

Dès l’entrée en matière (tableau 1 : “Pris sur le fait”, mais quel fait ?), la foule s’est bruyamment et civiquement exprimée : « Salaud, métèque, crapouilleux, crapule, aux chiottes, retourne dans ton pays, sale nègre ». Au VIe tableau (“flagellation et couronnement d’épines”), la foule a explosé d’une joie malsaine ou de larmes bruyantes. Au VIIIe tableau, les forces de l’ordre ont dû contenir des éléments en colère qui huaient violemment un inconscient désireux d’apporter de l’aide au condamné : « vendu, sale traître, les suppôts du Christ au pilori, gougnafier ». Lequel inconscient aurait été placé en garde à vue. Pour sa protection, on voudrait bien le croire.
 le clou du spectacle ? Ben voyons : la mise en croix du malfaisant, plus crucifiction que crucifixion. Avec les clous volontairement grossiers, mais habilement forgés pour qu’ils présentent maintes habiles échardes aptes à transformer en charpie la chair juteuse des mains du supplicié. Un moment fort où les trompettes de la justice ont hélas été couvertes par un vacarme tohu-bohubuesque. Les grandes douleurs qu’éprouvent les condamnés en émoustillent certains parmi ceux qui ne le sont pas, leur silence coupable se muant vite fait en hurlements de fauves couvrant leurs agissements. Entre les hourras des uns et les lamentations des autres, quel vacarme, quelle clameur, qu’un son et lumière hors pair joint à des effets spéciaux dantesques ont fait redoubler d’éclat. Une surdose de tintamarre dont j’ai marre, doublement marre, plus que marre, définitivement marre.
 Avec l’épisode pleureuses –professionnelles et authentiques réellement éplorées– (XIIe et XIIIe tableau), je n’ai échappé à l’infarctus que grâce à des boules Quiès promptement introduites au plus profond de la bouche des premières, réservant ma compassion et quelques maladroites paroles de consolation aux mère, maîtresse et comparses du supplicié. Si les décibels ont certes baissé d’un ton, je n’ai pas pour autant réussi à renouer avec le silence auquel tout un chacun a le droit pendant le week-end.
Dieu merci, encore heureux que le condamné n’ait pas eu la mauvaise idée de prolonger son agonie.

Journées de merde. Et les pouvoirs en place autant que les grands prêtres n’ayant nullement l’intention de se priver des recettes confortables de ces spectacles… expéditifs, il va me falloir partir m’installer ailleurs si je veux renouer avec des week-ends paisibles, somme toute légitimes, en un lieu où la haine fait moins de bruit.
L’Europe centrale, avec ses vastes et calmes plaines, la douceur de ses étés, la tenue exemplaire des autochtones disciplinés qui ne braillent ni n’applaudissent à tout va et à tout rompre ? Non, j’y renonce, à cause de lointains bruits de bottes qui me font horreur.  Quoi d’autre alors ?
Paupières closes et mappemonde à portée de main, je la parcours de l’index, puis stoppe sa course. Ce sera là, décidè-je en ouvrant les yeux. Mon doigt indique un coin de la Narbonnaise tandis que l’ongle plus précis s’est patiquement planté sur une montagne qui, y regardant de plus près, s’avère être le pech du Bugarach. Le Bugarach dont Ponce, un ami romain de longue date, m’avait parlé. J’y possède une villa, avec Claudia, mon épouse, une fille du coin, m’avait-il dit. Je l’ai faite construire au cas où… Tu viens quand tu veux. Ponce qui, comme moi, ne supporte plus le vacarme tonitruant des masses ouvrières et artisanales, ni les piaillements d’une foule en liesse ou gémissements des affligés et encore moins les cris des suppliciés ; pas plus qu’il n’accepte le fait de ne toucher aucun des subsides que rapporte le spectacle des exécutions qui, au demeurant, ont fini par le lasser.

C’est décidé : l’Aude, son Bugarach, Rhedae et les sommets enneigés environnants vont bientôt me voir planter mes pénates sur ces terres paisibles où un grand dessein de siestard impénitent m’attend. La sieste, il n’y a rien de mieux pour méditer et prier.

Tiens, m’avait dit Pandore en m’offrant sa boîte, en fait une coupe. Garde-la près de toi sans la quitter des yeux, mais ne la porte jamais à tes lèvres, ni ne laisse quiconque le faire. 
Oubliant qu’il me suffisait de la savoir à portée de mains pour me sentir désaltéré, je l’ai portée à mes lèvres et à celles de mes semblables. Ainsi ils apprécieraient mon geste, m’honoreraient et érigeraient un monument à ma gloire.
Nous avons bu goulument jusqu’à la dernière goutte. Lorsque vinrent des voyageurs assoiffés nous ne pûmes leur tendre qu’une coupe vide.
Alors s’ensuivirent les cris et le feu de la guerre.

Ça blague dur le premier avril, cependant pas plus que les autres jours de l’année, sauf que ce jour-là, on sait que ça galèje, et soit on fait semblant de croire à ce qui se raconte dans la rue comme dans les médias, soit on se fait bêtement avoir. Renouer avec la naïveté est un bain de fraîcheur qui ne peut faire que du bien.
Et les médias pourraient d’ailleurs jouer le jeu qui consisterait à ne publier aucune information factuelle, rien qui ait le moindre fond de vérité même si ça en a l’accent.

Apprenant ce qu’aurait dit Eva Joly (Le Monde fr avec AFP  01.04.2012 à 15h00) sur le plateau de Canal+, un doute m’a assailli. Afin de ne pas le laisser vieillir –les vieux doutes, ça commence à bien faire– j’ai pu obtenir la date exacte et réelle du jour présent, autrement nommé aujourd’hui qui s’avère être le 1er avril 2012. D’autres contrôles m’ont amené au même résultat : 1er avril 2012.
J’en conclue donc que l’article en référence est une farce de potache, d’autant que les arguments développés par Eva Joly tiennent moins la route qu’un pet sur une toile cirée.

Avec les 47 actes originaux datant des rois mérovingiens (481-751) qu’elle conserve, la France a sans doute une des plus anciennes chancelleries du monde. La fonction de Garde des Sceaux existe donc depuis un paquet de siècles au cours desquels on est sûr de trouver à la pelle des personnalités autrement marquées par l’étrangeté que ne l’est Eva Joly, ne lui en déplaise.

Alcuin, Fridugise (chancelliers de Charlemagne), Wulfhard, Liutbert, Radbod, Rudgar… pas très français, ces bonshommes d’outre-rhin, et pas plus que “notre” Charlemagne. Puis d’abord, ça veut dire quoi, être français ? Être en France a un sens ; être français n’en a aucun. Et qu’on ne me fasse pas le coup des racines, parce que bienheureux qui peut s’y retrouver et qui peut affirmer, preuves en main (mais lesquelles ? celles de l’Etat civil ?) qu’il descend de… Si les enfants connaissaient leurs origines, combien préféreraient les taire !
Faut-il être français pour être juste et français de souche pour l’être davantage et français depuis combien de générations (avec preuves à l’appui) pour être ministre de la Justice ? Non, et pour preuves, Robert Schuman (né au Luxembourg et allemand de naissance) ; Robert Badinter (fils d’un juif originaire de Russie) ;  Rachida Dati (fille de maghrébins). Il en est de même pour quelques ministres de l’Intérieur, fonction où s’est illustré un certain Étienne de Joly entre le 17 et le 21 juillet 1792 –un record !– (il fut aussi ministre de la Justice du 3 juillet au 9 août 1792 –un autre record–) ; Victor, duc de Broglie (d’origine piémontaise) ; Louis-Lucien Klotz (juif d’origine alsacienne) ; Georges Mandel (juif d’origine alsacienne) ; Michel Poniatowski ; Nicolas Sarkozy… tous plus ou moins français d’origine, mais français car ayant servi la France, fermez le ban.

Bon, m’dame Eva, je  ne sais pas si vous voyez où je veux en venir, mais ce que vous dites est nul et non avenu. Certes, vous avez un accent, vous n’avez pas fait l’ENA, vous êtes une femme, vous avez des bornes au compteur, mais au lieu de vous morfondre et de déblatérer en pleurant sur ce que vous prenez pour des handicaps cumulés, vous feriez mieux de fermer votre petite gueule de pauvresse qui ne voit pas ses richesses et d’ouvrir votre grande gueule de femme d’honneur. Car non, on n’a pas le droit de vous injurier ni de vous écraser, vous, et surtout pas vous qui n’avez pas à accepter ces injures. Les écolos vous ont choisi comme symbole, et en vous laissant injurier, c’est l’écologie que vous laissez injurier.

Quant à vous croire responsable de la disparition de l’écologie lors de ces grands débats électoraux fumeux, c’est soit de la naïveté, soit de l’orgueil*.
Alors faites donc vôtre cette devise attribuée par certains à Henri Dunant : « Bien faire et laisser braire ».
En ce qui concerne mon côté donneur de leçons, inutile de me le pardonner, c’est fait.

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* Précision : Que l’écologie ne fasse pas recette est dû à un égoïsme fondamental. Ce qui importe c’est que des nantis continuent à péter dans la soie et que la masse continue à se gaver et à consommer des choses dont elle n’a nul besoin. Quant à l’écologie, la belle affaire, car « Après nous, le déluge » pensent la plupart des Français veaux.
Et pour que cet article soit bien compris, merci à Eva Joly pour son courageux et honnête engagement..

170 000 personnes meurent chaque jour sur Terre, ce qui est tout de même plus impressionnant que terrible, dans la mesure où sur ces 170 000 personnes, on ne connaît pas grand monde.
L’holocauste démoniaque qui a eu lieu à Toulouse et Montauban a fait 7 morts, stupidement et ignominieusement assassinés, plus 1, stupidement tué, parce que jusqu’à ce jour personne n’a eu la bonne idée d’inventer le produit chimique qui permette d’endormir un forcené. Sept meurtres, c’est terrible, mais pas vraiment impressionnant, et pourtant…
Et pourtant, quel patacaisse on en a fait, qu’il s’agisse des médias, des personnalités politiques et des spectateurs qui en ont largement eu pour leur argent.

Des événements certes tragiques, mais cependant moins que le discours affligeant de notre guide, dont la devise “toujours prêt s’il s’agit de récolter des bulletins de vote” devrait provoquer des hauts le cœur plus que des applaudissements serviles. Mouais, il n’est pas le seul…

On peut saluer le courage et la détermination du RAID, si bien vendus par certains  lors de discours putassiers, mais cet engagement du RAID qui n’est pas à remettre en question (d’autant que le RAID ne fait que suivre la ligne qui lui est imposée par les politiques), n’est, après tout, que légitime.

Un regret : que les médias  n’aient pas remercié Mohamed Merah pour l’audience qu’il leur a apportée et que les personnalités politiques n’en aient pas fait autant pour les bulletins de vote qui seront glissés à leurs noms dans les urnes républicaines.

 Vive la France, vive ses plus hauts responsables, et vive les assassins qui nourrissent leurs discours affligeants.

À propos de la commémoration du cinquantième anniversaire du cessez le feu de la guerre portée par la France sur le sol d’Algérie, et de la déclaration d’indépendance de ce pays.

Mais avant tout, que le peuple algérien trouve justice, paix. plus quelques raisons de sourire à la vie. Comme il ne manque ni d’imagination, ni de courage, nul doute qu’il y parvienne. Un jour…

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L’été 1962 a été la source de tous nos maux, l’indépendance a commencé par un coup d’Etat. Quant à l’écriture de l’histoire en Algérie sur la guerre d’indépendance , « ils veulent l’écrire avec une gomme et non avec un stylo. »
COMMANDANT AZZEDINE

Après une guerre de libération terrible, une indépendance jalonnée de trahisons, d’enlèvements, de meurtres, de tueries sans nom, des années de braise et d’autres de glace, la chappe de silence posée par les gouvernements est toujours aussi solide et innamovible, maintenue en place par les autorités algériennes et françaises. Entre raisons d’États et intérêts plus ou moins privés, l’omerta règne en maîtresse insatiable. 
Qui trinquera de part et d’autre de la Méditerrannée pour commémorer l’indépendance de l’Algérie ? Le peuple ? Et qui pleurera les centaines de milliers de morts et autres victimes que les langues de bois préfèrent taire afin de ne pas être éclaboussées ?

L’indépendance a eu lieu dans un environnement de guerre civile et idéologique, donnant lieu à des vagues successives d’attentats, assassinats et massacres y compris au-delà des frontières du pays. Guerre civile qui s’est traduite par des luttes de pouvoir entre le FLN d’une part, et les partis rivaux d’autres part, notamment le Mouvement national algérien (MNA)de Messali Hadj1 et le Front des Forces socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed2. A noter aussi la campagne de répression contre les algériens pro-français qui soutenaient le rattachement de l’Algérie à la République française, et l’épuration sanguinaire des harkis, en contradiction avec les promesses de Ben Bellah et sous l’oeil complaisant et la bénédiction du pouvoir français.
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Quelques jalons…
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1963
Messali Hadj, père du nationalisme algérien, fondateur du Parti du Peuple Algérien (PPA), du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) et du Mouvement National Algérien (le MNA, opposé au FLN), s’exile en France après avoir été la cible de plusieurs attentats. Il ne reverra plus son pays. Il décèdera à Paris en 1974, mais sera enterré à Tlemcen.
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Mai 63
Assassinat de Mohamed Khémisti, Ministre des Affaires Étrangères. Son assassin “se suicide” dans sa cellule. Selon Ben Bella, l’enquête aurait démontré qu’ « il n’y avait rien derrière cet acte ». Abdelaziz Bouteflika, prendra sa suite au Ministère.
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Juin 63
Ben Bella déclare à la presse, à propos des massacres de Harkis : « Nous avons pardonné aux Harkis, leurs assassins seront arrêtés et exécutés. »
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Mohamed Boudiaf, un des chefs historiques de la révolution, fondateur du Parti de la Révolution Socialiste, est arrêté et interné dans le sud Algérien. Libéré quelques mois plus tard, il sera condamné à mort en 1964 par le régime Ben Bella. Exilé en France, il travaille à un projet politique pour l’Algérie dont il en tirera des conférences qu’il donnera dans ce pays et au Maroc.
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Azzedine (Rabah Zerari) recrée la Zone Autonome d’Alger afin de tenir en échec l’OAS. Véritable chef de guerre, il est à la tête de 12 bataillons et d’un arsenal de 15000 armes. Affligé par les déchirements entre les différentes factions, hostile à Ben Bella qui le lui rend bien, il quitte l’ALN et la vie politique.
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Juillet 64
Arrestation, sous l’ordre de Ben Bella, et déportation à Béchar d’Abderahmane Farès, ancien président de l’exécutif provisoire, député à l’assemblée. Il sera libéré un an plus tard à l’arrivée de Boumédienne au pouvoir.

Août 64
Ferhat Abbas, ancien président de l’assemblée Constituante de l’Algérie est arrêté et interné à Adrar dans le sud algérien.

Septembre 64
L’ancien chef FLN, de la wilaya VI, le colonel Chaabani, est accusé de complot contre le FLN et de tentative de sécession du sud algérien. La cour martiale spécialement créée par Ben Bella le condamne à mort et l’exécute. Il est réhabilité en octobre 84 par décret présidentiel.
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Avril 1964
Aït Ahmed, un des fondateurs du FLN et un de ses chefs emblématiques est condamné à mort. Il sera gracié par le Président Ben Bella.
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Juin 64
Un putsch, dont les principaux organisateurs sont Houari Boumédiène et Abdelaziz Bouteflika, renverse Ben Bella. Celui-ci est interné avec son conseiller depuis 1962, Hervé Bourges, qui avait pris la nationalité algérienne. Hervé Bourges avait été l’ancien “geôlier” de Ben Bella, de Hocine Aït Ahmed, de Mohamed Khider et Mohamed Boudiaf. Houari Boumédiène prend le pouvoir.
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Janvier 1967
Mohamed Khider, membre de la délégation du FLN (arrêté avec Ben Bella, en 1956) et détenteur du trésor de guerre du FLN, est assassiné à Madrid. Il sera enterré au Maroc.
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Avril 1969
Krim Belkacem, chef historique du FLN, signataire des Accords d’Évian pour le FLN, accusé d’avoir organisé un attentat contre Boumédiène, est condamné à mort par contumace. Il sera assassiné à Francfort en octobre 1970 sur ordre de Boumédiène.
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Mars 1976
Ferhat Abbas, est mis en résidence surveillée, pour avoir publié un manifeste dénonçant les risques de guerre entre l’Algérie et le Maroc.
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Décembre 1976
Jean de Broglie, un des trois signataires français des accords d’Evian est assassiné à Paris.
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Avril 1987
Assassinat d’Ali Mécili, bras droit de Hocine Aït Ahmed.
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Janvier 1992
Mohamed Boudiaf, un des chefs historique du FLN. Membre du GPRA en tant que ministre d’État jusqu’en 1961, puis vice-président jusqu’en 1962, s’oppose aux premiers régimes mis en place à l’indépendance et s’exile durant plus de 25 ans. En 1992, l’Algérie étant alors en pleine crise politique, il prend la tête de l’État en tant que président du Haut Comité d’État. « La mosquée appartient à Dieu, la patrie à tous » déclare-t-il. Il est assassiné en juin suivant.
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19 Mars 1997. À Alger à l’occasion du 35e anniversaire des accords d’Évian, (Fête de la Victoire en Algérie) Ben Khedda célèbre le triomphe de la révolution algérienne en déclarant : 

« Le triomphe de la révolution algérienne, qui a réussi à déloger un million d’Européens, seigneurs du pays, et obtenu l’unité du peuple algérien, un seul peuple de culture Arabo-islamique. Les Algériens ont battu la France, non par les armes, mais grâce à leur foi en l’islam.»

Vision idéaliste et simpliste, qui passe sous silence le phénomène de ces algériens musulmans, ni pro-Français, ni pro-FLN et qui ne se sont ralliés à la cause des indépendantistes qu’en 1962, sentant tourner le vent avec le cessez-le feu et la perspective de l’indépendance.
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1. Les violences entre FLN et MNA feront en France Métropolitaine 10000 victimes, dont 4000 morts.
2. Aït Ahmed (un des principaux chefs du FLN qui démissionne du GPRA en même temps que Ferhat Abbas, lors de la crise de l’été 1962) réclame le pluralisme politique en fondant le Front des Forces Socialistes (FFS) pour s’opposer au pouvoir qui verrouille la vie politique avec son système du parti unique. Accusé de séparatisme, le FFS crée des groupes de maquis et se dresse contre les troupes de Boumédiène qui feront des centaines de morts dans les rangs Kabyles du FFS.

Voir aussi l’article de Hocine Aït Ahmed

Les révolutions arabes, arf, arf ; les aventures de DSK aux USA, bof ; les Syriens assassinés, pan, pan ! Les Chinois qui se trémoussent dans la daube occidentale, mmh, mmh ; Hugo Chavez qui se la joue rédempteur, han, han ; Sarko qui veut dépasser le père,et Hollande la mer, plouf, plouf ; Marine qui se la fait Nationale; et Mélenchon internationale, ein, zwei; Sarko à Villepinte et Villepin je sais pas où, hi, hi ; Obama qui baiserait bien Mahmoud Ahmadinejad qui le prend par derrière, aïe, aïe ; Benyamin Netanyahou qui affûte ses ogives, hm, hm ; Le FMI qui repasse ses liasses et astique ses devises, miam-miam ; l’Afrique qui n’en peut plus de crever de faim, glou-glou, et de soif, argh, argh ; l’Asie centrale qui hésite entre imploser et exploser, boum, boum ; les empires du pire qui mettent les peuples à leur botte, han, han ; et ces putains d’extra-errestres qui se marrent, ha, ha, ha.
Et moi que tout cela afflige, ce moi qui lève son verre et le regarde pour ne pas baisser les yeux, mon Dieu !

Ça tremblemente de terre, ça tsunamise, ça érupte, ça inonde, ça avalanche, ça brûle, ça tornade et ça fait du beuze, du buzz, du ramdam, du patacaisse, du foin pour les ânes. On le filme, on l’écrit et on le ré-écrit jusqu’à la crampe, on vidéote, on photonumérise, on en cause, on s’en émeut, on lâche quelques malheureux sous, on soupire, on chiale, on enterre.

Ça bombarde, ça tiraille, ça gaze, ça brûle, ça coule, ça naufrage, ça exécute, ça meurtrit. On le dit, on le dénonce, on prend des mesures avec un double mètre, bien suffisant, on scie les planches, on les cloue, on y met les corps, on pleure, on inhume, on s’enrhume –il faisait un froid terrible–, on n’en dormira pas, pas trop. On en fera peut-être des cauchemars. Ça  subit la pression, ça subit l’oppression, ça se résigne, puis ça murmure, ça crie, ça parlemente, ça gueule, ça hurle, ça se révolte, ça se bagarre, ça s’offre en sacrifice, ça se décore, ça se libère une fois dix pieds sous terre ou parti en fumée. On tousse, pas tout le monde.

Ça communique, ça presse écrite, ça presse parlée, ça presse. On n’a pas le temps, pas le temps de sécher les pleurs ou de palper les dividendes.  Ça piaille, ça twitte, ça facebookise, ça webcam, ça dicte, ça ordonne, ça exige, ça commande de passer à autre chose… L’holocauste n’attend pas, ni le séIsme, ni le damné qui crève dans la rue parce qu’on l’a jeté à la rue, ni l’opprimé, ni le vaincu, ni le fou qui justifie notre raison, notre bonne raison qui nous fera l’enfermer, ni le mendiant qui te crache à la face sa haine de vivre sa chienne de vie, ni…

Après les corps offerts à l’oubli, les larmes aux mouchoirs ou le pognon aux portefeuilles, on passe à autre chose, à cette attente impatiente que d’autres drames surviennent, histoire de passer le temps, d’oublier le temps, d’oublier. Ce temps qu’on n’a plus.
Et profondément, très profondément, plus rien ne nous atteint. Mais par Dieu de misère, que d’événements nous émeuvent !